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Si vous souhaitez investir et faire fructifier vos économies en 2018, quantité de placements peuvent se révéler rentables. D'autres nettement moins. Quels sont-ils ? Pourquoi ? Décryptage avec un spécialiste. 
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Une fois n’est pas coutume, certains placements pourraient atteindre leurs limites en 2018, d’autres continuer à se dégrader. Selon Ylan Cattan, fondateur et Président de la société de conseils en investissement financier Profits and Benefits, le millésime annuel pourrait bien, sur quelques placements, se révéler au mieux très bas, au pire potentiellement dangereux si vous avez choisi d’investir dans certains secteurs ou produits. C’est le cas des fameuses crypto-monnaies par exemple, ou bien encore du pétrole ou de certaines poches qui composent les contrats d’assurance vie.

 

Mais pourquoi ces placements bien connus du grand public pourraient-ils s’avérer problématiques en 2018 ? Quels impacts peuvent-ils générer sur votre portefeuille d’investissement et donc sur vos économies ? Et que faire si vous avez déjà investi sur ces segments ? Reprenons.

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Les fonds euros des contrats d’assurance vie

Certains thèmes d’investissement ont beau avoir le vent en poupe, ils ne sont pas rentables pour autant. C’est le cas de contrats d’assurance vie et plus précisément des fonds euros qui les composent en partie.

De quoi s’agit-il ? Ylan Cattan le définit ainsi : "un fonds euros correspond à un véhicule d’investissement garanti en capital et dont les revenus sont également garantis. Le fait est qu’il y a aujourd’hui ce que l’on appelle un effet cliquet. Cela implique qu’une valeur au 31 décembre présagera de la valeur de garantie pour l’année suivante. 

Pourquoi ça pose problème ? Tout cela est dangereux parce qu’un fonds euros est constitué de plusieurs strates avec, à la fois, des emprunts à taux fixes et à taux variables. Il y a, par ailleurs, une poche immobilière ainsi qu'une poche actions (jusqu’à 15 % de l'actif). Les taux étant très bas (et devraient remonter progressivement), l’argent n’a, actuellement, plus aucune valeur. Ce qui impacte les emprunts de l’Etat.

Ce qu’il faut faire : Dans un contexte où la valeur de l’argent est devenue négative et où les principaux rendements issus des contrats d’assurance vie des compagnies d’assurance se révèlent particulièrement faibles, voire négatifs eux aussi déduction faite de l’inflation, il n’y a donc pas lieu de placer, actuellement, vos économies sur ce type de produit d’épargne. Ce, même si chaque année, les compagnies d’assurance apportent une garantie de rendement minimal (le taux minimum garanti).

En 2017, le taux en question était de 0,5 %. Il en sera sûrement de même en 2018. Dans l’absolu, mieux vaut revoir la gestion de votre contrat d’assurance vie en réduisant quelque peu la partie fonds euros pour songer aux unités de compte".

Les actions foncières cotées

De quoi s’agit-il ? Par "actions foncières cotées", précise Ylan Cattan, il faut comprendre "sociétés immobilières cotées en bourse. C’est le cas d'Icade, de la Société Foncière Lyonnaise, ou bien encore d’Unibail-Rodamco.

Pourquoi ça pose problème ? Ces sociétés ont vécu des années exceptionnelles. L’immobilier augmentait et les taux d’emprunts étaient bas. Mais la politique de la Banque Centrale Européenne (laquelle fixe la valeur de l’argent) est en train de changer. On assiste à une remontée des taux avec des banques qui revendent les crédits plus chers (les taux étant plus élevés), poursuit notre spécialiste. Cette conjoncture fait que cela a un impact immédiat sur les taux des crédits souscrits par les particuliers.

Ce qu’il faut faire : Selon Ylan Cattan, "mieux vaut éviter d’investir dans cette typologie de sociétés cette année même si les rendements restent intéressants, à hauteur de 5 % en capital avant fiscalité. Prudence, par ailleurs, avec l’IFI (le nouvel impôt sur la fortune immobilière qui remplace l’ISF). Si les rendements devraient être identiques (ou, tout du moins osciller entre 3,5 et 5% en 2018), la valeur de ces sociétés devrait chuter avec des risques pour le capital".

Les crypto-monnaies

De quoi s’agit-il ? Bitcoin cash, Ethereum, Ripple… Sous ces noms, se cachent des produits d’investissement opaques et potentiellement dangereux. Techniquement, il est question de monnaie, et plus précisément, d’une monnaie virtuelle utilisable sur un réseau informatique décentralisé. Laquelle s’appuie sur le principe de la cryptographie et intègre l'utilisateur dans les processus d'émission et de règlement des transactions.

Pourquoi ça pose problème ? Pour notre spécialiste, pas de doute : "à partir du moment où l’on ne connait pas l’utilité de ce type de produits, encore moins ce à quoi il correspond, mieux vaut éviter d’investir. Il faut bien comprendre qu’a priori, seulement 1 % de la population mondiale serait capable d’expliquer clairement à quoi servent ces crypto-monnaies. Tout ceci n’est que de la poudre aux yeux.

Preuve en est, entre mi-décembre 2017 et mi-janvier 2018, le bitcoin est passé de 19 000 dollars à 10 000 dollars en moins d’un mois. Ce d’autant plus que, précise Ylan Cattan, de la même qu’il y a eu des arnaques au Forex, ou aux diamants, les arnaques au bitcoin commencent à se multiplier. Sauf que, dans le cas du bitcoin, les possibilités de récupérer votre argent sont nulles".

Ce qu’il faut faire : éviter tout simplement d’investir dans les crypto-monnaies.

Le pétrole

De quoi s’agit-il ? En principe, le fait d’investir dans le domaine du marché pétrolier constitue un moyen simple de diversifier votre portefeuille d’investissement et de générer des gains intéressants. Ce, dans la mesure où il existe une forte volatilité (comprenez : des risques élevés pour les investisseurs, mais des rendements, attractifs si tout se déroule comme il se doit).

Pourquoi ça pose problème ? Mais notre expert est clair : "En l’espace d’une année, le prix du baril a plus que doublé (de 25 à 70 dollars en 18 mois). Il a, d’ailleurs, beaucoup trop augmenté si bien qu’il est désormais difficile d’espérer une hausse encore plus importante en 2018. L’essentielle de cette augmentation est déjà derrière nous et il est difficile d’imaginer un retour à 120 dollars le baril comme ce fût le cas en 2005 et 2006".

Ce qu’il faut faire : ne pas investir sur ce segment en 2018, conseille notre spécialiste, ou, du moins rester très prudent.

Les obligations et les emprunts d’Etat

De quoi s’agit-il ? On parle d’emprunt d’Etat lorsque chaque pays peut – en fonction de sa solidité financière, de sa dette et de ses conditions de marchés – emprunter directement auprès d’investisseurs, voire même de banques nationales.

Pourquoi ça pose problème ? Prenons l’exemple de l’Allemagne, indique Ylan Cattan : "ce pays a pu emprunter à un taux négatif. Ce qui signifie que les investisseurs ont payé l’Allemagne pour obtenir de la dette allemande dans leur portefeuille. En Espagne, au Portugal, en Italie ou encore en Irlande… Les taux ont considérablement chuté. On assiste donc à un rétablissement de la dette dans les pays d’Europe du Sud (essentiellement). Ce qui joue également sur les obligations européennes. Tout ceci étant rappelé, il y a donc désormais un impact indéniable sur la dette (les obligations).

Ce qu’il faut faire : Mieux vaut privilégier la propriété en 2018 (autrement dit : les actions)".

Cette analyse n’engage que notre opinion de professionnel et ne représente pas un conseil d’achat ou de vente.Ces investissements peuvent entrainer un risque de perte en capital et ne sont pas adaptés à tous types d’investisseurs.La bourse et produits de bourse nécessitent un suivi rigoureux et précis des avoirs financiers, des objectifs et besoins à court, moyen et long terme.

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