Proche de Nicolas Sarkozy, il règne sur l’administration du parti avec autorité.

L’œil vif, la langue brute de décoffrage, l’ex-patron de la police nationale est un ancien compagnon de route de Nicolas Sarkozy. Fils unique d’un avocat d’affaires réputé, il a vécu son enfance dans un hôtel particulier rue Fortuny, proche du métro Malesherbes, à deux pas du domicile des Sarkozy. Mais si leurs mères respectives sont amies, les deux garçons qui ont deux ans d’écart n’ont jamais "joué au bac à sable ou au train électrique" ensemble, selon les dires de Frédéric Péchenard. Ils n’ont tissé des liens très forts que sur le tard, lors de la prise d’otage de la maternelle de Neuilly-sur-Seine, en 1993, quand Nicolas Sarkozy a négocié avec "Human bomb". Frédéric Péchenard était alors le numéro de 2 de l’antigang.

En 1996, il est le patron de la brigade de répression du banditisme (BRB) puis, en 2000, de la criminelle où il gère l'enquête sur la tuerie du conseil municipal de Nanterre (8 élus tués et 19 blessés en mars 2002). Son seul gros accroc dans une carrière irréprochable, c’est lorsque le tueur se suicide en se défenestrant du quatrième étage des bureaux des enquêteurs du 36 Quai des Orfèvres… Il a fait front en mettant sa tête en jeu.

Frédéric Péchenard a été de tous les secrets de la galaxie Sarkozy

Arrivé à Beauvau, le nouveau ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, en fait l’un de ses hommes de confiance. Et en 2007, le locataire de l’Elysée le nomme directeur de la police nationale. Frédéric Péchenard a été de tous les secrets de la galaxie Sarkozy, c’est lui qui a ordonné les enquêtes sur les rumeurs touchant le couple présidentiel et sur l'origine des PV impliquant Eric Woerth, dans l'affaire Bettencourt, publiés dans Le Monde. Mais malin et très procédurier, il n’a jamais été inquiété par la justice. A l’inverse d’un Claude Guéant, par exemple.

En 2012, lorsque François Hollande gagne la présidentielle, il est débarqué et muté à la circulation, comme délégué interministériel à la sécurité routière. Un placard. Ce n’est qu’à l’occasion des municipales de mars 2014, poussé par Nicolas Sarkozy, que l’ancien grand flic change radicalement de vie et se porte candidat aux côtés de Nathalie Kosciusko-Morizet. Il s’occupe des questions de sécurité, fait le job sur les marchés parisiens et n’hésite pas à en faire des tonnes en comparant Paris au Bronx. Au final, Il est élu conseiller de Paris dans le 17e arrondissement.

Un futur ministre de l'Intérieur ?

Et quand Nicolas Sarkozy décide de conquérir la présidence de l’UMP, il l’engage, tout naturellement, comme directeur de sa campagne. Ses qualités d’organisation et son autoritarisme ont permis de déminer bien des terrains conflictuels. Aujourd’hui, à 57 ans, l’homme est devenu directeur général de l’UMP. Un poste clé pour gérer la totalité de l’administration du parti.

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Très avare de sa parole publique (il a refusé de répondre aux questions de Planet.fr), Frédéric Péchenard adore tirer les ficelles dans l’ombre. A tel point qu’on l’a suspecté d’avoir mis en place un cabinet noir sous la présidence Sarkozy et de conserver aujourd’hui quelques gorges profondes à l’Elysée…

Frédéric Péchenard parachève une reconversion qui, en cas de retour de son mentor à l'Elysée, pourrait faire de lui un futur ministre de l'Intérieur.

Vidéo sur le même thème : Frédéric Péchenard, le "superflic" qui se lance en politique

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