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À l'heure où les pensions de retraite sont, en moyenne, évaluées à 1 389 euros brut par mois, les contribuables qui les perçoivent n'hésitent pas à mettre en place des stratégies afin de renforcer leur épargne. Le but ? Placer malin pour gagner plus. Et ce n'est pas les baby-boomers qui diront le contraire…
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Baby-boomers : ce qu’ils recherchent

Ylan Cattan est le fondateur et président de la société de conseils en investissement financier Gérant privé. Pour Planet, il revient, d’une part, sur le comportement vis-à-vis de l’épargne qu’ont tendance à adopter les personnes nées entre 1945 et 1969. Il partage, d’autre part, la stratégie d’investissement qu’il convient, selon lui, d’appliquer.

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Planet : comment les baby-boomers se comportent-ils vis-à-vis de l’épargne ? Quels sont leurs besoins ?

Ylan Cattan : Les baby-boomers sont arrivés en phase de maturité en ce qui concerne la construction de leur épargne. Ils sont en pleine préparation de la 3e étape de gestion de leur patrimoine – à savoir la consommation et la préparation de leur retraite – et aspirent, de ce fait, non seulement à consommer mais également à réemployer leur épargne. Bien sûr, il n’est pas question de faire des généralités. Chaque patrimoine est différent. Sans compter que c’est généralement en amont de cette tranche d’âge que les contribuables commencent à réfléchir sur la manière dont ils conçoivent leur épargne. Or cette perception se révèle totalement différente selon les générations.

Gérant privé

Baby-boomers : leurs placements de prédilection

Planet : y-a-t-il des placements pour lesquels les baby-boomers optent plus facilement ? Dans l’affirmative, s’agit-il, selon vous, d’un choix judicieux ?

Ylan Cattan : Oui. Il en existe au moins deux. Le premier porte un nom : le démembrement de propriétés. Soit le fait de vendre la nue-propriété d’un bien et d’en conserver l’usufruit pendant 10 à 20 années. L’idée c’est donc de vous délester pendant un moment d’un bien immobilier que vous possédez et de récupérer une partie de l’argent de cette vente. Au bout de quelques années, le nu-propriétaire récupère l'usufruit et en devient plein-propriétaire. L’intérêt tient au fait que cela vous permet de récupérer des liquidités tout en conservant l’usage de votre bien, voire même de le louer.

Une autre stratégie qu’ont tendance à instaurer les baby-boomers consiste à placer leur argent dans des actions. Pour quelle raison ? Parce que les grands investisseurs (ceux qui ont dépassé la cinquantaine) ont, généralement, conservé une poche de liquidités mais aspirent à faire évoluer quelque peu leur stratégie d’investissement.

Par ailleurs, si l’on observe le marché de la silver économie tel qu’il se présente aujourd’hui, il existe des valeurs séniors destinées aux séniors. C’est le cas, par exemple, d’Amplifon, Essilor, Korian ou bien encore de Bastide le Confort. Ces acteurs ont pour ambition de permettre à la population de maintenir sa qualité de vie en vieillissant. Or, les baby-boomers (tout du moins les clients de Gérant privé qui se situent dans cette tranche d’âge) cherchent, le plus souvent, à investir dans des valeurs qu’ils connaissent et qui peuvent, potentiellement, les concerner.

Baby-boomers : comment ils renforcent leur épargne

Planet : Quelle stratégie d’investissement préconisez-vous pour permettre aux baby-boomers de renforcer leur épargne ?

Ylan Cattan : Il est essentiel, selon moi, d’effectuer des versements sur un contrat d’assurance vie passé l’âge de 70 ans. De fait, bien que les versements en question soient soumis aux droits de succession, il convient tout de même de prendre en considération le fait que cela ouvre doit à un abattement de 30 500 euros. A cela, s’ajoute l’exonération totale de fiscalité (flat tax de 30%) sur ces versements. En effet, si l’on se fie à l’espérance de vie actuelle, lorsque l’on a 70 ans, il est encore tout à fait possible et envisageable de placer de l’argent sur son assurance vie durant 10 à 12 années. Ce qui, très concrètement, implique que vous pourrez bénéficier d’une plus-value totalement exonérées d’impôts durant tout ce laps de temps.

Mon conseil : compte tenu des difficultés que rencontrent les compagnies d’assurance dès lors qu’il est question de reprendre l’historique des dates de versements et de calculer la fiscalité, je recommande, d’une part, d’ouvrir un nouveau contrat (pour des versements effectués après 70 ans) et de revoir, d’autre part, les clauses bénéficiaires.

Il importe, selon moi, également de privilégier, à ce stade de la vie, les supports d’investissement exonérés de droits de succession. C’est le cas des forêts ou des vignes sous forme de groupements forestiers par exemple. Lors d’une succession, seuls 25 % de la valeur du bien rentre dans la masse successorale. Et ce n’est pas un point négligeable.

Gérant privé 

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