Les cieux deviennent plus cléments pour nos amis les primates, maintenant que les grandes compagnies aériennes – à l'exception d'une seule – ont mis fin au transport de singes destinés aux laboratoires de l'UE, des États-Unis et d'ailleurs. De ce fait, les propriétaires de prisons pour primates du monde entier ont de plus en plus de mal à remplir leurs épouvantables cages d'animaux pour les empoisonner, les charcuter et les tuer durant des expériences.

Alors que des campagnes victorieuses de PETA et de ses affiliées internationales ont convaincu China Southern Airlines de cesser de livrer des primates à des centres d'expérimentation, Air France est désormais la seule compagnie aérienne de transport de passagers au monde qui choisit encore de tirer profit de cette pratique abominable.

La plupart des passagers qui montent à bord des vols d'Air France n'ont probablement pas idée que dans les soutes, juste sous leurs pieds, peuvent se trouver des dizaines de singes terrifiés blottis les uns contre les autres, enfermés dans d'étroits caissons, blottis les uns contre les autres, en route pour l'enfer des laboratoires, ou que leur billet finance une entreprise qui livre sciemment ses malheureux passagers primates à des laboratoires où, pour reprendre les mots de la créatrice de mode Lolita Lempicka, "le cauchemar éveillé ne prend pas fin […]" pour autant.

En 2013, 5 500 primates provenant d'Asie et de l'île Maurice ont été envoyés par Air France à des laboratoires à travers le monde.

Ainsi que l'a décrit dernièrement le docteur Jane Goodall, primatologue de renommée mondiale, dans une lettre de protestation adressée au PDG d'Air France, Alexandre de Juniac :

Lorsqu'Air France livre ces singes aux laboratoires à bord de vols longs et terrifiants, ils sont privés de tout ce qui leur est important et nécessaire pour être heureux. Dans la plupart des cas, ils sont livrés à eux-mêmes, confinés dans de petites cages désolantes. Ils sont privés de tout contact physique avec les autres singes. Le seul moment où ils sont sortis de leur cage est lorsque quelqu'un arrive pour les soumettre à des manipulations stressantes ou douloureuses. Comme ce serait le cas chez les êtres humains, ce traitement entraîne chez eux un isolement désespérant, traumatisés physiquement et psychologiquement. On constate régulièrement qu'ils se balancent, tournent sur eux-mêmes, poussent des cris et vont jusqu’à s'automutiler.

En effet, ces primates, animaux sociaux et intelligents peuvent être forcés de subir une vie entière d'isolement et d'expérimentations de toutes sortes, et le fait qu'elles soient douloureuses ou peu utiles n'importe pas, quand bien même des méthodes alternatives supérieures existent.

Cette pratique dépassée perdure parce qu'il a été longtemps facile de se procurer des singes, bien que nous sachions maintenant que les primates ressentent une immense souffrance physique et psychologique dans les laboratoires et malgré le fait qu'il existe des façons plus efficaces et plus humaines de mener ces expérimentations.

La FDA (Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux) a signalé que 90 % des médicaments qui se révèlent sûrs et efficaces chez les animaux ne fonctionnent pas ou s'avèrent dangereux pour les humains. En 2013, par exemple, les tests d'un vaccin expérimental pour le VIH menés sur les êtres humains, qui avait été effectués à cause  d'expérimentations "réussies" sur des singes, ont dû être interrompus lorsqu'on a découvert qu'en réalité, le vaccin n'empêchait pas l'infection par le VIH. D'ailleurs, parmi les 90 vaccins de prévention du VIH qui sont parvenus au stade des tests cliniques sur les humains, tous ont échoué, bien qu'ils aient fonctionné sur les primates.

Pour étudier les maladies et tester des produits, les scientifiques à la pointe du progrès sont passés au développement et à l'usage de méthodes éthiques qui remplacent les animaux et qui sont véritablement pertinentes pour la santé humaine. Parmi ces méthodes modernes, on peut citer l'usage de tests sophistiqués ayant recours à des cellules et tissus humains, les techniques déjà avancées de modélisation par ordinateur et la recherche sur des humains volontaires. Des études ont montré à de nombreuses reprises que ces méthodes modernes reproduisaient la physiologie humaine et les réponses aux maladies et aux médicaments mieux qu'une expérimentation rudimentaire sur des primates et d'autres animaux, et aussi qu'elles étaient habituellement moins onéreuses et plus rapides.

Tandis que ceux qui expérimentent sur les animaux ont démontré qu'ils n'allaient pas arrêter de tourmenter des primates de leur propre chef, bien que ce soit contraire à l'éthique et inefficace, et que les contribuables qui financent ces travaux s'y opposent de plus en plus, les compagnies aériennes ne peuvent faire fi de l'opinion de leurs clients. Elles ont montré qu'elles n'ont pas besoin et refusent d'être impliquées dans ce carnage, ainsi elles contribuent à ce que les singes restent dans la nature, avec leurs familles et amis, loin des laboratoires meurtriers. Toutes les principales compagnies aériennes, sauf une.