La réforme des retraites constitue-t-elle "un nouveau cadeau pour les plus riches ?" Certains le pensent. Pourtant, les syndicats de l'encadrement assurent quant à eux que les cadres aux hauts revenus seront perdants.

Encore une fois, la réforme des retraites crée la polémique. Celle-ci concerne cette fois-ci la modification du système de calcul des cadres gagnant plus de 120 000 euros par an. Dans un post publié le lundi 2 décembre 2019 sur Twitter reprenant un extrait de l’interview de l’économiste Thomas Piketty sur France Inter, Maxime Cochard, un militant communiste parisien déclenche une bombe : "Effarant. Ce matin, Piketty lève un lièvre sur la réforme des retraites : les salaires à moins de 10 000 euros cotiseront 28%, les salaires à plus de 10 000 euros ne cotiseront que 2,8%, dix fois moins ! Un nouveau cadeau aux plus riches digne de l’Ancien régime."

Voici ce qu’a affirmé Thomas Piketty : "Pour résumer, un régime universel acceptable, ce serait un régime beaucoup plus favorable sur les salaires entre 1 smic, 2 smic, 3 smic, et qui fasse porter davantage l’effort sur les salaires à 6 smic, 7 smic et au-delà. Or, le projet Delevoye fait exactement le contraire. Je veux rappeler quelque chose : le pilier du système, c’est un financement qui est proposé dans le rapport Delevoye qui est de 28% de cotisations sur tous les salaires jusqu’à 10 000 euros par mois, 120 000 euros par an. Et ça tombe ensuite à 2,8% au-delà de 120 000 euros. Donc 10 fois moins."

Une déclaration coup de poing, qui a évidemment suscitée de nombreux commentaires. Est-elle par ailleurs bien réelle ?

Réforme des retraites : avantage-t-elle vraiment les hauts revenus ?

Lors de la publication du rapport Delevoye, cette mesure controversée avait déjà fait le tour de la presse, pointe Libération.

Or, si certains y perçoivent un cadeau aux plus riches, d’autres, comme l’Usine nouvelle par exemple indiquait pourquoi elle "pénaliserait" les cadres gagnant plus de 10 000 euros.

En effet, jusqu’à 120 000 euros par an, les cadres cotiseront à la même hauteur que les autres, soit à 28,12%. Si au-delà, les plus hautes rémunérations ne cotiseront plus que 2,8%, elles ne le feront uniquement qu’au titre de la solidarité pour le financement du régime, et sans acquérir de droits.

Certes, on peut estimer que la réforme des retraites aurait pu mettre encore plus à contribution les plus hauts salaires ; toutefois, comme le précisent les syndicats, la réforme ne privilégie pas davantage les cadres concernés par rapport à la situation existante.

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