Interrogé sur la chaîne LCP à propos du remaniement ministériel, l'ancien directeur de l'Organisation Mondiale du Commerce, proche de François Hollande, a proposé l'instauration de "petits jobs" payés en dessous du Smic.
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L’idée est simple et paraît relever du bon sens. Pour lutter contre le chômage il faudrait accorder davantage de flexibilité au marché du travail. Cette position très libérale n’est pas formulée aujourd’hui par les rangs de la droite mais par un proche de François Hollande, Pascal Lamy.

Ancien directeur de l’Organisation Mondiale du Commerce, ce dernier a affirmé ce matin sur LCP "Je sais que je ne suis pas en harmonie avec une bonne partie de mes camarades socialistes mais je pense qu'il faut, à ce niveau de chômage, aller davantage vers de la flexibilité et vers des boulots qui ne sont pas forcément payés au Smic".

Décelant une "gangrène" dans notre société malade du chômage, Pascal Lamy brise un tabou à gauche et soutient qu’un "petit boulot c’est mieux que pas de boulot du tout". Selon lui "il faut accepter de temps en temps de franchir les espaces symboliques de ce type pour rentrer dans la réalité et la transformer".

Même si cette proposition ressemble étrangement aux échecs consécutifs du Smic jeune de Balladur et du CPE de Villepin, ce n’est pas une raison pour l’ancien commissaire européen de ne pas retenter une telle mesure : "si on prenait tous les réformes qu'on a essayées à un moment, qui n'ont pas marché et si on ne les avait pas reprises, on serait encore au Moyen-Age" a-t-il indiqué.

Le cas de l’Allemagne

La flexibilité du travail, présentée souvent comme la solution au chômage, prend généralement en exemple l’Allemagne. Même si Outre-Rhin on a récemment concédé l’instauration d’un salaire minimum, il reste néanmoins inférieur à celui de l'Hexagone.

Effectif à partir de janvier 2015, celui-ci sera de 8,50 € brut de l’heure quand en France le taux horaire du Smic s’élève à 9,53 €. Jusqu’à ce que l'instauration du salaire minimum soit effective ce sont quelques 8 millions de salariés allemands qui gagnent moins de 8 euros brut de l’heure en Allemagne.

Si le taux de chômage en France est bien plus important qu’en Allemagne (9,8% contre 6,7%) il n’est néanmoins pas certain que cette préconisation de Pascal Lamy connaisse un franc succès auprès d’une population qui constate jour après jour l’émiettement de son pouvoir d’achat

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