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L'expérience risque de ne pas être suffisante. Incités à travailler plus longtemps, les salariés deviennent pour les sociétés, une source d'inquiétude. Plusieurs éléments effraient les deux parties.
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Repousser le départ à la retraite. Voici l’un des objectifs du gouvernement, confirmé ce mercredi 12 juin par le Premier ministre, lors de son discours de politique générale, marquant l’acte II du quinquennat. Or, si inciter les salariés "à travailler plus longtemps" permet de financer le système actuel des retraites, appliquer cette mesure préoccupe, certes, un tiers des actifs, mais davantage les employeurs. C’est ce que révèle la première édition d'une étude sur ce sujet réalisée par le groupe de protection social Malakoff Médéric Humanis. Bien que ces derniers reconnaissent beaucoup de qualité aux seniors expérimentés, deux tiers d’entre eux redoutent en revanche diverses contraintes, rapporte Le Figaro.

Allongement de la vie professionnelle : plusieurs sources d’inquiétude

Si 8 salariés sur 10 craignent, à terme, de ne pas pouvoir tenir le rythme, 83% appréhendent d’être usé professionnellement.Autre crainte ? La perte de l’employabilité. 7 actifs sur 10 avouent en avoir peur. D’ailleurs, 57% des salariés de plus de 54 ans ayant participé à l’enquête, précisent que leur dernière évolution de carrière remonte à plus de 5 ans.

De leur côté, 63% des dirigeants interrogés anticipent une hausse des risques d’accidents et de maladies professionnelles et 53% une multiplication des arrêts de travail.

Le manque d’adaptabilité aux transformations de l’entreprise (33%) ainsi que la moindre maîtrise des nouveaux outils et technologies (40%) sont également regrettés par les patrons.

Actuellement, il existe toutefois quelques dispositifs pour pallier ces aléas : proposition de reclassements, aménagement des fins de carrières ou du temps de travail.

En vidéo : Retraite : le gouvernement veut vous faire travailler encore plus

Allongement de la vie professionnelle : un phénomène déjà en marche

D’après un rapport de l’Insee, le recul de l’âge de départ à la retraite a d’ores et déjà commencé, note Le Figaro. Le taux d’emploi des 50-64 ans est d’ailleurs passé de 53,3% en 2007 à 61,5% en 2017. Soit quasi 8% de plus en 10 ans.

La part des 55 ans ou plus dans la population active devrait ainsi continuer d’augmenter. De 16% 2018, elle devrait atteindre 18% en 2022.

Heureusement, malgré un pessimisme ambiant, l’étude de Malakoff Médéric Humanis dévoile quelques points positifs. En effet, les dirigeants n’hésitent pas à louer les compétences des seniors :

  • 92% apprécient leur expérience ainsi que leur autonomie
  • 89% notent leur capacité à prendre du recul
  • 87% estiment que les échanges intergénérationnels sont un enrichissement pour l’entreprise
  • 78% citent leur fort investissement personnel

Autres signes appréciables révélés :

  • 63% des salariés de plus de 54 ans veulent acquérir de nouvelles compétences
  • 52% souhaitent un accès prioritaire aux formation s