Au lendemain du premier tour des municpales, les propos du président du Festival d'Avignon concernant sa délocalisation en cas de victoire du Front National ont créé la polémique. Le plus célèbre des festivals de théâtre peut-il vraiment se permettre de quitter la ville? 
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Au lendemain du premier tour, Olivier Py, le directeur du Festival d’Avignon, a déclaré : "Je ne vois pas comment le festival pourrait vivre à Avignon avec une mairie Front national, ça me semble inimaginable". Brandissant la menace d’un possible départ du festival de la Cité des Papes, la position d’Olivier Py sonne comme une mise en garde adressée aux électeurs avignonnais.

Un tel déménagement, qui ne pourrait être effectif avant 2015,  est-il envisageable pour autant?

20 millions d’euros de retombées pour la ville

Le plus célèbre des festivals de théâtre générant un chiffre de 20 millions d’euros de retombées pour la ville, notamment auprès des commerçants qui profitent de l’affluence des très nombreux spectateurs, serait donc amené à établir cité ailleurs si le FN l’emporte.

Selon Jérôme Béglé, qui s’insurge contre ces propos dans Le Point, les revenus liés au Festival d’Avignon représentent 50% des chiffres d'affaires annuels des bars, des restaurants et des hôtels de la ville. En prenant une telle décision, c’est tout un secteur économique urbain qui serait mis en grande difficulté. Le journaliste du Point soutient ainsi que "les priver de ces trois semaines de festival, c'est les précipiter dans la paupérisation et inciter les hésitants à voter, justement, pour le FN, devenu premier parti politique dans les couches populaires".

La délocalisation est-elle possible?

Concernant le scénarion d'une victoire frontiste, Olivier Py affirme : "je pense qu'il faudrait partir. Il n'y aurait aucune autre solution". Agitant l’épouvantail de la délocalisation, le directeur du festival n’est en réalité pas en capacité de prendre seul une telle décision dans la mesure où plusieurs acteurs rentrent en ligne de compte .

Comme le précise Le Monde, le premier bailleur de fond est l’État qui participe aux coûts à hauteur de 52%. Ce faisant, "la délocalisation dépendrait de l'Etat, à travers le conseil d'administration du Festival" selon le quotidien du soir. Mais si certains s’interrogent sur la faisabilité de la manœuvre d’autres pointent une prise de parole malvenue qui fait justement le jeu du Front National.

La bonne stratégie ?

Interrogé sur les propos d’Olivier Py, Philippe Lottiaux (candidat FN à la maire d’Avignon) peste contre une "instrumentalisation pure et simple" rappelant à l'intéressé que "le festival ne lui appartient pas". Pour le journaliste Jérôme Béglé, c’est justement ce qu’il fallait éviter. Il reproche à la "sortie irréfléchie" d’Olivier Py de prendre le problème à l’envers et que ce sont justement dans les villes prises par le FN qu’il ne faut rien lâcher sur la culture reprochant d’être "plus intolérant que ceux qu'il combat", et de "s'entêter sur la voie du discrédit".

Ce dernier prend l’exemple des Chorégies d’Orange qui ont également été confrontées à ce dilemme. Malgré ce signal fort et cette prise de position radicale, l’édition 2015 aura bien lieu et sera marquée par le sceau de la "résistance" selon les termes d'Oliver Py. Cette polémique restera toutefois vaine si Avignon ne choisit pas l’option extrême dimanche prochain.

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