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François Baroin et les dépenses du PS

"La création des 60 000 emplois de fonctionnaires par les socialistes […], c’est 120 milliards, c’est 5 points de PIB. Ça aussi, il faut l’assumer."

François Baroin le 23 novembre, à l’Assemblée nationale.

La proposition de François Hollande de créer 60 000 postes dans l’Education nationale a donné lieu à une bataille de chiffres assez spectaculaire entre l’UMP et le PS.

Jusqu’ici, la polémique sur le chiffrage de la proposition de Hollande se concentrait sur la façon de mettre en scène des chiffres similaires, en les présentant sur un an côté PS, en cumulant sur la durée d’un mandat côté UMP.

François Baroin, lui, décide de calculer sur… cinquante-six ans ! Ce qui n’a pas vraiment de sens car, bien évidemment, la politique du prochain quinquennat n’est pas forcément vouée à être pérennisée advitam : rien n’empêchera de futurs gouvernants de supprimer, plus tard, des postes de fonctionnaires…  

Puis, le ministre n’hésite pas à convertir ces 120 milliards en "5 points de PIB". Ce qui revient à rapporter un coût sur cinquante-six ans au produit intérieur brut d’une année (1 932 milliards d’euros en 2010), soit une sacrée contorsion mathématique (que Baroin réitérera quasiment mot pour mot mi-décembre). 

Enfin, le ministre de l’Economie conclut en salant un peu plus l’addition avec 30 milliards, liés au retour de la retraite à 60 ans. Mais là il ne se donne même plus la peine de préciser si c’est un coût sur un an, un quinquennat ou un siècle. L’important est d’arriver à un bon gros chiffre de 150 milliards…

Dossier original paru à la Une de Libération, mardi 27 décembre 2011.

Crédits photos : wikimedia

 

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