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Nicolas Sarkozy et les délinquants sexuels

"Quand, avec Claude Guéant en 2003, nous avons mis en place le fichier sur les empreintes pour les délinquants sexuels, j’ai fait face à une polémique. […] Permettez-moi de vous dire que, l’année dernière, on a retrouvé un criminel sur deux grâce à ces fichiers."

Nicolas Sarkozy en visite à Bormes-les-Mimosas (Var), le 19 mai.

Contrairement à ce qu’il a répété plusieurs fois, ce n’est pas Nicolas Sarkozy - pas plus que Claude Guéant - qui a créé le fichier des empreintes génétiques pour les délinquants sexuels.

C’est en 1998 que ce fichier a été mis en place, à la suite de l’affaire Guy Georges. Il concernait exclusivement les délinquants sexuels. En 2001, il a été étendu aux condamnés pour des crimes graves, homicides volontaires, actes de terrorisme et attaques à main armée.

Quand, en 2003, Sarkozy intervient sur le fichier, c’est pour l’élargir à tous les auteurs d’atteintes aux personnes et aux biens. La loi de mars 2003 permet aussi de ficher, outre les condamnés, les simples suspects. Si des protestations ont eu lieu, c’est parce que Sarkozy a transformé un fichier de criminels et de délinquants sexuels en fichier de masse.

Quant aux effets, le ministère de l’Intérieur s’est déclaré incapable de valider la statistique présidentielle qui assure qu’on retrouve depuis "un coupable sur deux".

En fait, l’idée selon laquelle le fichier d’empreintes génétiques a été déterminant dans l’élucidation des crimes les plus graves résiste mal à l’analyse des chiffres. Le taux d’élucidation des viols était de 73% en 2010, relativement stable par rapport aux années passées : depuis quinze ans, il varie entre 70 et 90%... 

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