Un étrange ami commun

Le président a toujours nourri des doutes quant à la version officielle de la mort de François Grossouvre, le conseiller spécial de François Mitterrand, le 7 avril 1994.

D'autant que ce dernier l'avait sollicité quelques jours avant sa mort. Pourquoi? La question taraude encore Jean-Marie Le Pen. Quels secrets voulait-il lui livrer ? Se savait-il menacé ? Les deux hommes se connaissaient. Mieux, ils s'appréciaient et se respectaient.

Jean-Marie Le Pen a toujours vu dans cet homme aux traits aristocratiques, élégant, un patriote, un vrai. C'est un ami commun qui les avait fait se rencontrer au début du premier septennat de Mitterrand. Ils s'étaient depuis revus à intervalles très irréguliers, toujours à la demande de Grossouvre.

Dans des circonstances ultra-confidentielles. Le pouvoir, les renseignements généraux étaient-ils au courant de leurs entrevues ? Impossible de l'affirmer. Mais la coïncidence de l'annonce brutale du suicide de Grossouvre avec la demande d'un rendez-vous en urgence quelques jours plus tôt laisse planer le doute.

J'ai eu l'occasion d'accompagner Jean-Marie Le Pen à l'un de ces rendez-vous du soir auprès de François de Grossouvre. C'était à la fin de l'année 1993 ou aux premiers jours de 1994, dans un appartement du VIIe arrondissement. (...) Je m'étais tenu à l'écart de leurs échanges, dans un boudoir voisin du salon où ils se trouvaient. Après une petite heure, je me souviens seulement que Jean-Marie Le Pen était ressorti passablement énervé de leur tête-à-tête. A moins que ce ne fût de la frustration. Grossouvre lui avait conté pis que pendre sur François Mitterrand, et avait tenu des propos très désagréables sur la clique du Château, le climat qui régnait à l'Elysée. "Je le déteste, c'est un voyou", avait-il lâché à plusieurs reprises comme écœuré.  

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