Pas de médiatisation, pas de sponsor ?

Face à ce manque de médiatisation, de nombreux athlètes handicapés peinent à trouver des sponsors. Charles Rozoy, champion paralympique du 100 mètres papillon à Londres, a connu les fins de mois difficiles : “Avant, ce n’était pas facile de mener de front emploi et entraînement de haut niveau. Heureusement, ma situation a évolué l’année dernière : après plusieurs démarches, EDF m’a recruté au sein de son service communication et je bénéficie d’horaires aménagés”.

Une chance pour Charles Rozoy, lui qui fait partie des 13 athlètes handisport sponsorisés par la société française, tous médaillés dans des compétitions internationales.

Mais pour les sportifs moins reconnus, plus “anonymes”, cela se complique. Ainsi, Alicia Mandin, discrète 8ème du 100m brasse qui souffre d’épilepsie et de dyslexie, a connu les affres du chômage pendant des mois avant de trouver un modeste emploi chez Décathlon. Son revenu mensuel ? 600 euros pour 20 heures de travail hebdomadaire, auxquels elle ajoute une aide de la Fédération de 300 euros. Avec si peu de moyens, pas facile alors d’alterner entre sport de haut niveau et emploi, d’autant que les déplacements sportifs sont fréquents.

Bien sûr, un sponsor pourrait faciliter le quotidien de ces athlètes. Mais il est bien difficile de défendre sa cause sans visibilité pendant la compétition, a fortiori lorsque la couverture médiatique de l’handisport ou du sport adapté pendant les olympiades est inexistante, malgré des championnats continentaux ou mondiaux de bonne facture.

“La continuité d’un traitement médiatique dans le temps permettrait au public d’intégrer les règles et d’apprécier plus justement la performance ou la contre-performance de l’athlète, confie Olivier Donval, sur rue89. Au lieu de ça, les Jeux sont la seule fenêtre de visibilité au niveau national, l’intermède entre deux olympiades ressemble à un désert. On n’existe pas.” 

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