2. Quels effets néfastes ?

La pratique de la "fracturation hydraulique" inquiète beaucoup. En effet, extraire le gaz de schiste pourrait avoir de graves conséquences sur les ressources en eau de la planète. Quelques chiffres suffisent à en prendre conscience : pour chaque fracturation hydraulique, il faut compter 7 à 15 millions de litres d'eau propulsés. Chaque puits peut connaître jusqu'à 14 fracturations. En tout, chaque puits peut donc recevoir jusqu'à 210 millions de litres d'eau... La moitié seulement serait récupérée, le reste stagnerait et s'intègrerait à la nappe phréatique.

Il ne faut pas oublier non plus que ces exploitations nécessitent de nombreux transports : on considère que 200 allers-retours de camions transportant des matériaux, de l'eau et du gaz sont nécessaires pour chaque fracturation.

Lorsqu'on observe la carte satellite du Garfield County, dans le Colorado aux Etats-Unis (ci-dessous), impossible de ne pas remarquer tous ces points blancs, situés à 200 mètres les uns des autres, désignant tous un emplacement de puits. 210 millions de litres d'eau pour chaque point, 200 allers-retrours pour chaque point...

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Et que dire des produits chimiques utilisés lors de la "fracturation hydraulique" ? Ces produits, mélangés à l'eau et au sable, seraient en réalité dangereux pour l'environnement et les êtres vivants.

Déjà des inquiétudes en FranceBien que les groupes Total et Schuepbach possèdent officiellement l'autorisation de forer dans le sud de la France, l'exploitation n'a pas encore commencé sur le sol national. Cependant, certains politiques commencent déjà à exprimer leurs craintes. Fin 2010, José Bové et Corinne Lepage, députés européens, ont demandé une étude relative à l'exploitation du gaz de schiste en France et ses conséquences sur les ressources en eau et la pollution des nappes phréatiques par les hydrocarbures. Des manifestations contre l'exploitation du gaz de schiste ont également eu lieu dans le sud de la France.

Devant les inquiétudes exprimées, le ministre de l'Energie, Eric Besson, et la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, ont demandé en février dernier qu'un rapport soit effectué. Celui-ci devrait être publié le 31 mai prochain. Les permis d'exploration ont été suspendus jusqu'à la fin 2011.

Sans attendre les résultats, certains dénoncent déjà la violation de l'article 27 du Grenelle de l'environnement (signé par Jean-Louis Borloo lui-même). En effet, alors que celui-ci vise à protéger les sources d'eau potable, la région choisie pour les premiers forages est justement une région qui souffre d'une grande sécheresse depuis plusieurs années.

Le 13 avril dernier, lors des questions posées à l'Assemblée nationale, François Fillon a décidé d'annuler toutes les autorisations d'exploitation du gaz de schiste en France, mais sans fermer définitivement la porte des recherches dans ce domaine.

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