Des fours à 75 000 euros pour Air Sarko One
L'Airbus A330-200 acheté par l'Elysée et mis en service le 11 novembre 2010 a fait l'objet d'une nouvelle polémique, au sujet de deux fours dont l'installation aurait coûté 75 000 euros. Retour sur le dernier scandale de l'avion présidentiel, qui a déjà coûté 176 millions d'euros à l'Etat.

Polémique sur des fours hors de prix

 © Le 27 juillet dernier, les médias s'emparent d'un nouveau scandale. En effet, la Cour des comptes a publié deux jours avant un rapport sur les comptes et la gestion des services de la présidence de la République. Celui-ci s'avère plus positif que le précédent remontant en 2008. En introduction du document (que vous pouvez consulter en cliquant ici), le Premier président de la Cour met en avant une économie constatée sur le budget voté par le Parlement, notamment une réduction des charges de fonctionnement courant de 22%.

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En revanche, la commission revient en dernière partie du rapport sur l'achat du nouvel avion présidentiel livré en 2010. Plus particulièrement, l'installation de deux fours en remplacement des moyens de réchauffage habituellement utilisés dans les avions à vocation commerciale". Coût total : 75 234 euros !

La Cour des comptes a beau insister sur le fait que "la particularité de ces équipements qui n’ont pas d’équivalent ne permet pas à la Cour d’en contester le coût", le choix de fours aussi haut de gamme et au nombre de deux est rapidement repris par les médias. Il fait même dire au britannique David Mitchell, journaliste au Guardian, que "même les milliardaires qui parcourent le monde dans leur jet privé se sont faits à l'idée que, pendant les quelques heures de vol, ils devront se contenter de plats froids ou réchauffés au micro-ondes".

"Peut-être les choses sont-elles perçues différemment de notre côté de la Manche ?," se demande Mitchell. Et bien non, les Français ne comprennent pas les montants engagés, à l'heure où le gouvernement en appelle à la rigueur et à l'austérité nationales.

La Cour des comptes baisse la garde

Au sujet de ce renouvellement de la flotte présidentielle, l'étude semble adopter une certaine neutralité qui paraît travaillée. En effet, devant les millions engagés, la Cour des comptes conclut sur une comparaison franco-allemande ayant vocation à rassurer : "la dépense engagée par les pouvoirs publics allemands, sensiblement à la même époque, a été d’environ 140 M€ HT pour aménager deux Airbus A 340 affectés aux voyages gouvernementaux. On peut donc observer le coût comparable des aménagements apportés à l’A330 français (environ 70 M€)."

Néanmoins, le Cour des comptes semble donner comme seule explication aux montants alloués à l'opération qu'"Air France et Airbus [n'ont] pu proposer de solution adaptée aux délais de livraison attendus". Or, ces délais d'exécution sont "très contraignants", reconnaît-elle. Au point qu'ils font dire au Premier président Didier Migaud que "le prix payé par l’Etat a donc correspondu à la limite haute d’une fourchette applicable à un avion plus récent de cinq ans et ayant trois fois moins d’heures de vol". Autrement dit, pour l'avoir en temps voulu, l'Etat a acheté cet avion d'occasion le prix du neuf...