Finalement, selon le Parti Socialiste il faudrait appréhender totalement différemment le problème de la dépendance…

Nous évitons déjà d'appeler cela la dépendance. Ce mot est très infantilisant. Il nie le fait que nous restons tous des citoyens dotés de liberté et d'autonomie, et nous sommes tous interdépendants : il n'y a pas une dépendance à un âge donné. Nous parlons de perte d'autonomie. Ce n'est par ailleurs pas un problème, la recherche de solution en est un.

C'est la deuxième grande critique du PS quant au débat organisé par le gouvernement, qui va à l'encontre de ce que dit la Loi de 2005 dans son article 13. Elle dit qu'il ne faut plus faire de discrimination liée à l'âge dans la prise en charge du handicap. Aujourd'hui, vous êtes couvert par le dispositif de compensation du handicap, mais votre situation change du jour au lendemain à partir de vos 60 ans. Je pense à une situation d'AVC : si vous en avez un à 59 ans et demi, vous êtes pris en charge par la PCH. A 60 ans passés, vous êtes pris en charge par l'APA. Or, le gouvernement a martelé que le seul débat engagé porte sur les situations de handicap liées à l'âge.

Le gouvernement avait jusqu'à 2010 pour lever cette barrière d'âge. Evidemment tout le monde ne peut pas être couvert de la même manière, entre un enfant atteint d'autisme, et une personne atteinte d'alzheimer. Mais il ne peut plus y avoir ces deux cases.

Le Parti Socialiste va-t-il proposer son propre projet de réforme, comme pour les retraites ?

Oui, au printemps nous allons proposer un contre-projet. Cela fait longtemps que nous travaillons dessus. Depuis quasiment deux ans, nous auditionnons régulièrement, rencontrons les syndicats, les chercheurs - je pense à Bernard Ennuyer ou encore Serge Guérin. On travaille de manière assez approfondie en les associant à nos réflexions. Ou encore avec des responsables associatifs sur l'ensemble de la question de la perte d'autonomie. C'est un vrai travail de concertation. Nous allons formaliser les pistes dans un projet assez rapidement, pendant le débat national.

A lire aussi: l'interview de Jean-Marie Barbier Président de l'Association des Paralysés de France (APF)

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