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Edouard Philippe a dénoncé jeudi l'état dans lequel François Hollande et son équipe avaient laissé les comptes de la France à la fin de son mandat. Le premier ministre a même parlé d'un "dérapage inacceptable", oubliant sans doute que le nouveau président Emmanuel Macron avait autrefois été ministre de l'Economie. 

Edouard Philippe n’a pas mâché ses mots. Jeudi lors d’une conférence de presse, le Premier ministre a évoqué les récents conclusions de la Cour des comptes à propos de l’état des comptes de la France. "Elles sont sévères, elles sont sans appel", a-t-il entamé d’emblée. "Nous héritons d’un dérapage de plus de huit milliards d’euros, Huit milliards d’euros… C’est inacceptable", a-t-il ensuite martelé avant de souligné que François Hollande et son équipe gouvernementale s’étaient engagés à "un déficit de 2,8% du PIB" en 2017 et qu’aujourd’hui la Cour ces comptes estime "qu’il est sans doute autour de 3,2%". Remonté contre l’ex-président socialiste et les ministres qui composaient le gouvernement pendant ces cinq dernières années, le nouveau patron de Matignon a poursuivi en expliquant : "C’est comme si le gouvernement précédent avait construit un budget en oubliant celui de la Justice. C’est presque trois fois celui de la Culture". Et Edouard Philippe de conclure sur ce point en estimant que "tous ces artifices placent la France dans une situation de grande fragilité".

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"Nous n’avons pas le droit de faire cela à nos enfants"

Mais le Premier ministre ne s’est pas arrêté là. Au cours de cette conférence de presse, il en a également profité pour pointé le niveau record de la dette publique, fixé à "2,147 milliards d’euros, soit plus de 70 000 par personne qui travaille". Un exemple volontairement inquiétant choisi par le chef du gouvernement pour alerter sur la nécessité de redresser la situation. "Nous n’avons pas le droit de faire cela à nos enfants, il ne leur revient pas de payer cette note", a-t-il clamé. Et Edouard Philippe de conclure en annonçant : "Dès mardi, lors de ma déclaration de politique générale, puis au cours du mois de juillet pendant le débat d’orientation des finances publiques, j’aurai l’occasion de préciser au Parlement notre stratégie de redressement des comptes publics".