Vous avez au moins deux crédits en cours et souhaitez les regrouper pour faire des économies ? Attention, le diable se cache souvent dans les détails !
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Aussi appelé consolidation de dettes, le regroupement de crédits consiste à faire racheter différents crédits par le même établissement de façon à bénéficier d’un taux global plus favorable que les précédents.

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Le regroupement concerne les crédits à la consommation (prêt personnel, crédit affecté, prêt étudiant, crédit revolving, etc.) ainsi que les prêts immobiliers hypothécaires.

Les regroupements se sont généralisés avec la baisse des taux. Ils permettent aux ménages de renégocier leur endettement et de diminuer leur effort de remboursement mensuel.

Les vertus du regroupement sont simples à mesurer. Exemple : une famille qui a multiplié les financements auprès de plusieurs établissements doit aujourd’hui rembourser 35.000 euros sur 96 mois au taux moyen de 7%. Tout compte fait, elle remboursera 38.950 euros, dont 8950 euros d’intérêt. Admettons qu’près avoir regroupé ses crédits, la même phratrie parvienne à obtenir un taux moyen de 4% sur la même durée. Le total du remboursement tombe alors à 35.000 euros, ce qui équivaut à une économie d’intérêt de 4000 euros !

Même s’il permet de dégager un gain de pouvoir d’achat théorique (+ ou – 25%), le regroupement n’est pas pour autant une opération philanthropique. Car il aboutit le plus souvent à l’allongement de la durée d’emprunt initiale, ce qui augmente le montant des intérêts.

Les pièges à éviter

Le premier piège à éviter concerne le taux final proposé par l’organisme de regroupement. Afin d’attirer le chaland, les pubs font toujours apparaître le taux de rachat le plus bas. Celui que les emprunteurs obtiennent à condition de s’endetter sur une courte période et d’honorer des mensualités de remboursements élevées. Ainsi, un rachat de crédit à la consommation peut démarrer à 2,5% sur 12 mois, monter à 3,7% à partir de 35 mois et dépasser 4,5% sur une durée plus longue. Il faut donc comparer le taux de crédit initial et celui figurant effectivement sur la proposition. De là l’emprunteur, gagnera en allant avoir son banquier et en lui demandant de faire une contre-proposition. De bonnes surprises sont possibles.

L’autre point sur lequel il faut être vigilant est celui des frais. Car une opération de regroupement peut être couplée à des frais de dossier et de traitement qui peuvent coûter cher.

En ce qui concerne les crédits à la consommation, il faut aussi compter avec les indemnités. Si le capital restant dû dépasse 10.000 euros et que le crédit a été souscrit depuis le 1er mai 2011, une indemnité peut être demandée.

En ce qui concerne un crédit immobilier, les indemnités de remboursement anticipé peuvent atteindre 3% du capital restant dû. Par ailleurs, si le prêt fait l’objet d’une garantie hypothécaire, l’organisme rachetant le crédit va devoir lever cette hypothèque avant de prendre de ses propres garanties sus la forme d’une nouvelle hypothèque. Ces procédures occasionneront des frais dont il faut tenir compte en évaluant le pour et le contre du regroupement.

Si l’organisme fait une proposition d’assurance crédit, son poids dans le remboursement mensuel doit être évalué avec soin. L’emprunteur (loi Lagarde) a le droit d’opter pour une proposition d'assurance emprunteur autre que celle adressée par l'organisme de rachat. Dans tous les cas, la souscription de cette assurance emprunteur est facultative.

Dans le cas d’un rachat de crédit immobilier, cette souscription est en revanche exigée. Depuis la validation par le Conseil constitutionnel en février 2018 de l’amendement Bourquin, il est toutefois possible de résilier, tous les ans, le contrat de garantie liée à son crédit immobilier.

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