Tarifs flous : méfiez-vous des pratiques de ces artisans commerçantsIllustrationIstock
Les prix affichés en vitrine des salons de coiffure correspondent-ils vraiment à ce que vous allez payer ? Pas toujours…. C'est ce que révèle l'enquête de l'association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV), dédiée à la défense des consommateurs et usagers.
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Tarifs flous chez les coiffeurs : pour un affichage aux normes, vous pouvez "vous brosser" !

Chez le coiffeur, on peut en voir de toutes les couleurs.Parmi le million de Français, se faisant coiffer chaque jour à domicile ou dans un des 64 000 salons, beaucoup peuvent en témoigner.

Hormis les coupes et autres prestations quelquefois ratées, le passage en caisse donne parfois l’impression, tel un bigoudi, de s’être fait rouler.Le prix forfait "Shampoing, coupe, brushing " indiqué en vitrine, n’est souvent pas le même que celui annoncé au moment de payer.Il arrive même que le service souhaité ne soit pas affiché.

Pourtant, comme le rappelle l’enquête de la CLCV publiée ce mardi 11 décembre, “les exploitants de salons de coiffure sont tenus d’afficher en vitrine un tarif comportant au moins dix prix toutes charges comprises (TTC) des prestations les plus courantes pour les salons unisexes et au moins vingt prix TTC, pour les salons mixtes”. Quant aux forfaits, ils doivent être détaillés.Les mêmes tarifs doivent également être “affichés à l’intérieur du salon, visible et lisible par la clientèle, au lieu de paiement”.

Mais à en croire les résultats diffusés, nombreux sont ceux qui ne respectent pas ces règles.

Tarifs flous chez les coiffeurs : chacun fait ce qu’il lui plaît

Les tarifs aussi ont droit à une décoloration.

Quasi-absence d’affichage, prix illisibles depuis la rue ou effacés par le soleil…En vérifiant l’obligation d’affichage instaurée par un arrêté datant de 1987 dans plus de 902 salons de coiffure, d’août à octobre 2018, les bénévoles de l’association ont fait de drôles découvertes. “L’obligation d’affichage minimum pose problème chez 21,3% des coiffeurs enquêtés : aucun affichage dans 12,8 % des salons et un affichage peu lisible dans 8,4%”.

Et les prix semblent difficiles à comprendre. L’absence du détail des prestations de forfaits a été constatée dans 21% des salons inspectés. Si 19% des professionnels mentionnent leur existence, leur contenu n’est pas affiché.

La CLCV rappelle que ce défaut d’information préalable sur les tarifs peut coûter aux salons de coiffure une amende maximum de 3.000 euros pour une personne physique et de 15.000 euros pour une personne morale.

Autre difficulté constatée, la différence d’appellation dans les salons. Chez certains, “le forfait coupe” comprend le shampoing, la coupe et le coiffage tandis que chez d’autres, cela ne désigne que la coupe. Même constat pour les forfaits colorations, ou pour la longueur des cheveux des clients. Beaucoup de tarifs sont en effet basés sur les cheveux courts. Une rallonge est donc demandée en fin de prestation pour les personnes aux cheveux longs.

Tarifs flous chez les coiffeurs : les énormes écarts entre hommes et femmes difficilement justifiables

Les hommes bénéficient de bien meilleurs prix : 20,46 euros contre 30,07 euros en moyenne pour un forfait “shampoing + coupe + séchage/coiffage”, et ce, quelle que soit la longueur des cheveux. Soit un écart de plus de 46% !

 “La logique voudrait que la tarification se fasse selon la longueur du cheveu et le travail fourni et non selon le genre du client. La différence tarifaire homme/femme se justifie difficilement face à des prestations équivalentes”, assure la CLCV.

Pour mettre un terme à ces différences de prix et instaurer plus d’égalité de traitement hommes-femmes, l’association réclame une réflexion autour de la création de tarifs mixtes. Des tarifs non-genrés évalués sur des critères tels que le temps passé, la longueur du cheveu, ou encore les produits utilisés.

Une pétition en ligne a été lancée par l’association en ce sens : "des tarifs justes et unisexes chez les coiffeurs."