De nombreux Français sont victimes d'incidents de paiment. Ces derniers leurs coûtent cher... Et rapportent énormément aux banques.
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Business des banques : elles gagnent plusieurs milliards sur le dos d'un quart des Français

Le Comité Consultatif du Secteur Financier (CCSF) est formel : 25% des Français ont déjà été victimes d’incidents de paiement, en raison d’un dépassement de découvert, en 2017. Concrètement, cela signifie qu’un quart des comptes courants, soit une dizaine de millions de clients, n’avaient pas assez d’argent à la banque pour honorer un prélèvement, un chèque ou un virement…

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Fondamentalement, cela signifie aussi que les banques françaises ont touché le gros lot. Comme l’a démontré l’enquête de 60 Millions de consommateurs, publiée en novembre 2017, le montant des frais prélevés en cas d’incident bancaire est "exorbitant". En moyenne, un client qui ne rencontre pas de difficulté particulière règle chaque année 34 euros de frais. En revanche, un consommateur en difficulté verse en moyenne 296 euros à l’année. Pour un foyer sur cinq, la facture est même montée jusqu’à 500 euros.

D’après 60 Millions de consommateurs, les Français gagnant en moyenne 2000 euros par mois sont les plus touchés et subissent des prélèvements de 352 euros par an. Cela concerne aussi bien les salariés du public et du privé que les retraités. Un prélèvement automatique refusé peut vous coûter jusqu’à 20 euros, rapporte France Bleu.

Grâce à ces frais bancaires très cher payés, les banques dégagent des marges que le mensuel qualifie d’"indécente". Au total, l’ensemble des frais liés aux incidents de fonctionnement représente 30 à 35% du chiffre d’affaires des banques de détails…. Soit 6,5 milliards d’euros par an. Le résultat net calculé par 60 millions de consommateurs est estimé à 4,9 milliards d’euros.

De plus, d’après le rapport du CCSF, les prélèvements sont automatisés et fragilisent donc les clients qui sont déjà les plus vulnérables. "Un grand nombre de clients doit en avoir entre 5 à 10 par mois", souligne l’organisme, cité par Europe 1. "Dans 60% des cas, le prélèvement impayé est présenté à nouveau dans un délai allant de 4 à 10 jours", poursuivent les experts du CCSF.

Europe 1, de son côté, évoque un cercle vicieux : une fois que le compte est à découvert, le paiement est refusé. A partir de là, des frais sont réclamés par la banque et le déficit s’accroît, éloignant plus encore la possibilité d’une sortie de crise.

Business des banques : les frais bancaires bientôt encadrés ?

85% des incidents bancaires dus aux prélèvements automatiques seraient évitables, à en croire la mission conduite par le CCSF, notamment parce que la date de prélèvement est imposée au client. L’une des pistes pour lutter contre les abus, consisterait donc à laisser les Français choisir la date à laquelle ils souhaitent régler leurs prélèvements.

De son côté, le gouvernement réfléchit également à des solutions. Bruno le Maire, ministre de l’Economie, envisageait le plafonnement des frais bancaires pour les foyers modestes, comme le rappelle Le Figaro. La mesure devrait faire partie du plan pauvreté, dont la présentation a finalement été reportée.

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