Peur de la mort ? Se faire congeler puis ramener à la vie lorsque les progrès de la médecine le permettront est le pari fait par des centaines de personnes au compte bancaire bien garni.

Même des scientifiques y croient. Selon le site du Daily Mail, 3 chercheurs de l’université d’Oxford ont récemment décidé de congeler leurs corps une fois décédés. Avec l’espoir d’être ramenés à la vie lorsque la science permettra de réanimer des corps maintenus à – 196° par de l’azote liquide. L’un d’entre eux a prévu la cryogénisation complète de son corps alors que ses 2 collègues ne préserveront que leurs têtes qui seront décolletées après leur mort, truffées de produits chimiques antigel puis, plongées dans de l’azote liquide.

Le coût de cette immortalité escomptée est assez raisonnable puisqu’il s’étage de 20 000 euros – conservation de la tête – à 150 000 pour une congélation totale. Trois entreprises se partagent le marché : Cryonics et Alcor, américaines et Kriorus qui, comme son nom l’indique, est située plus à l’Est. Depuis 2008, une fondation non lucrative baptisée Cryofreedom veut mettre la congélation à la portée de tous.

10 000 dollars pour la tête, 30 000 dollars pour le corps entierCe n’est pas encore le cas. Pour le moment KrioRus propose un devis de 10 000 dollars pour la cryonisation et cryoconservation illimitée d’une tête ou d’un cerveau et 30 000 dollars (minimum) pour l’ensemble du corps. 

Lorsque l’on se promène dans les locaux de ces sociétés de cryogénisation, on ne voit pas grand chose hormis de longs cylindres métalliques (vases Dewar) placés verticalement avec le pictogramme d’un torse humain sur le sommet. Les patients ne peuvent pas être observés directement. "You can solve all your problems by freezing them !", assure d’ailleurs la publicité d’un de ces instituts.

Aucune réanimation après congélation pour le momentMême si elles sont toutes basées sur le froid, les méthodes de cryogénisation connaissent des variantes. L’institut de Cryonics utilise ainsi depuis 2005 un procédé de vitrification dont les performances seraient supérieures à celles du glycérol car le mélange employé empêche la formation de glace dans les tissus. Les corps sont placés dans des cylindres spéciaux, des "thermo bouteilles" coulées dans un mélange de verre et de résine. Elles permettent d’obtenir un refroidissement ultra rapide du corps jusqu’à – 125° C, puis plus lent jusqu’à – 192° C, afin de réduire l’effort thermique.

Le choix d’une température ultra basse est lié à l’inhibition qu’elle provoque. Les processus chimiques et biologiques, dont la décomposition, sont stoppés net. Jusqu’à présent si on fait exception d’Hibernatus, aucun homme n’a pu être réanimé après décongélation. 

Certaines espèces supportent la cryogénisationCertains scientifiques notent que les tardigrades, de minuscules pandas d’eau d’un demi millimètre de longueur supportent la congélation à l’azote liquide et peuvent être rappelés à la vie après réchauffement. Le rein d’un lapin, vitrifié à une température de - 135°C, aurait été réchauffé et transplanté chez un autre lapin où il aurait parfaitement rempli son office, assure des revues de cryogénie.

Si un retour à la vie après décongélation vous semble possible, il faudra attendre d’être mort avant de revivre car la cryogénisation ne peut légalement être appliquée à un être vivant, même pour des patients en phase terminale. Si vous êtes fauché mais tenté par la congélation, une autre solution existe : des entrepreneurs de pompes funèbres du Canada et de l’Alaska propose des inhumations dans du permafrost ou encore la préservation chimique grâce des fixateurs. Des rumeurs sur la cryogénisation de Walt Disney courent depuis longtemps. Elles sont infondées. Ce qui est sûr, c’est que est que le "patient" le plus ancien se nomme James Bedford. Ce médecin fut congelé en 1967, en pleine guerre du Vietnam.

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