Acte III : L'instinct de survie

J'ai longuement été anéantie par cette trahison doublée d'une condamnation lourde de conséquences sur ma santé physique et mentale (dépression, tentative de suicide, amaigrissement, chute de cheveux, fatigue chronique, dysplasie du col de l'utérus à trente ans, neuropathies périphériques, etc.), doutant de ma capacité à gérer une situation aussi inextricable.

Comment se projeter dans l'avenir familialement, socialement, professionnellement, sexuellement, médicalement, psychologiquement ? Sans aucun début d'explication, de compréhension, face à cet acte fatal commis par une personne aimée ? Comment dire "ça" à ses parents, à ses enfants, ses ami(e)s ?

Il faut parfois des années. Souvent, on se tait pour protéger les autres de l'inconcevable risque de nous perdre prématurément. Parce qu'aujourd'hui encore Sida = Mort. Les trithérapies ont des effets invalidant dans notre quotidien comme les nausées, les vomissements, la diarrhée, les maux de tête, les douleurs musculaires...

Pour nous et pour nos proches, c'est faire le deuil, sous la contrainte, de celle que l'on a été et que l'on ne sera plus jamais. Heureusement, l'amour de nos enfants et l'instinct de survie nous permettent d'aller très loin...

Communication de Barbara Wagner à l'occasion des 58e rencontres du Crips (Centre Régional d'Information et Prévention du Sida) sur le thème "Séropositivité, sexualité, responsabilité, prévention", Paris (avril 2005).

Femmes Positives, Cité des associations93, La Canebière 13001 Marseille. [email protected]. Tél. : 06 17 93 67 92.

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