L'Agirc-Arrco est actuellement en recherche de trésorerie. Pandémie mondiale oblige, les dépenses publiques ont explosé… D'aucuns estiment, dès lors, qu'il faudra couper dans les pensions de retraites. C'est en tout cas ce que défend Jacques Bichot, membre honoraire du Conseil économique et social, économiste, qui livre son avis à Planet.
Pension de retraites : "Il faut stopper l'hémorragie"IllustrationIstock

"Difficile de deviner à quel niveau sera la situation dans quelque mois", s'inquiète Frédéric Sève, de la CFDT, dans les colonnes de Capital. Le syndicaliste parle, évidemment, des retraites. Plus précisément, de l'Agirc-Arrco, le régime complémentaire dont bénéficient les salariés du privé. En l'état actuel des choses, il pourrait y avoir de quoi s'alarmer. "Oui, nous avons connu fort recul des cotisations versées mais le plus grave serait que pendant les prochains mois, le niveau de cotisation demeure 10% en-dessous de la normale", poursuit-il.

"Dans ce cas, nous devrons réfléchir à la trajectoire que devra prendre l'Agirc-Arrco", affirme-t-il ensuite, grave.

Pour le mensuel spécialisé en économie, cette situation n'est d'ailleurs pas sans en rappeler une autre. En 2008, l'Agirc-Arrco compte parmi les - nombreuses - victimes de la crise. Pour ramener l'équilibre, les partenaires sociaux ont alors opté pour des mesures "drastiques", résument nos confrères. Gel des pensions, création du dispositif de bonus-malus visant à pousser les Françaises et les Français à repousser leur départ en retraite. Or, d'après Frédéric Romain, de la CFTC, "la baisse des cotisations pourrait continuer si le nombre de chômeurs augmente beaucoup".

Faudra-t-il amputer les pensions de retraite ?

Pour Jacques Bichot, économiste libérale, membre honoraire du Conseil économique et social, il faudrait notamment agir sur les retraites pour éviter que la crise ne perdure. "Le gel des pensions serait un signe positif. Si les partenaires sociaux optent effectivement pour de telles mesures, ils enverraient un signal fort : ils assumeraient de faire ce qu'il faut pour stopper l'hémorragie. Ils feraient donc preuve de courage, et de réalisme. Ce qui n'est pas vraiment le cas du gouvernement…", assène-t-il dans nos colonnes. Et lui de surenchérir : "Force est de constater que les partenaires sociaux ont toujours fait preuve d'une meilleure gestion que nos dirigeants. Et pour cause ! Dès que l'on veut agir sur les retraites, on fait aussi appel au parlement. Or, les députés connaissent mal le sujet et les procédures sont longue…"

Pour autant, si dramatique puisse être la situation d'après Jacques Bichot, il ne préconise pas un gel - soit une amputation mécanique - de toutes les pensions… Explications.

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