D'ici 2023, il faudra être équipé d'une box pour continuer à utiliser votre téléphone fixe. Pourtant, les arnaques, elles, ne cessent pas leurs activités. Les personnes âgées demeurent des cibles faciles.
IllustrationIstock

Les lignes de téléphone fixe classique vivent leurs derniers instants. Face leur disparition progressive et la réticence des personnes âgées à la nouvelle technologie, nombreuses sont les personnes qui font confiance à certaines sociétés promettant de conserver sa ligne et son numéro pour de meilleurs tarifs, mais tout cela est faux. 

Les personnes âgées, des proies faciles

Dernièrement, l’association UFC Que Choisir de Mayenne est venue en aide à l’une de ces personnes, victime d’une arnaque de la société Monatel. Dominique*, face à l’acharnement de cette société a cédé à la pression et a payé la somme de 98.55 euros qui lui était demandée. « Je pensais qu’il s’agissait d’une proposition de mon opérateur Orange pour me faire bénéficier de tarifs téléphoniques plus avantageux », explique-t-elle à l’association UFC Que Choisir. Quelques semaines auparavant, elle avait signé un mandat de présélection qui donnait l’autorisation à la société Monatel de prendre possession de sa ligne fixe, ce qu’on avait oublié de lui préciser. Sous la pression de l’association, Monatel n'a pas encaissé le chèque, mais a quand meme réussi à effectuer des prélèvements frauduleux et à couper la ligne de cette personne.

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Malheureusement, Dominique n’est pas la seule victime de ces arnaques qui perdure depuis de nombreuses années. L’association a révélé qu’un homme âgé et veuf avait récemment été la cible de cette société.

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L'association rappelle également qu'en juin 2018, le parquet de Bordeaux avait mis en examen quinze individus ayant arnaqué plus de 2 000 personnes, dont la majorité des cibles étaient des personnes âgées. Soupçonnés d’avoir monté un réseau de 22 opérateurs de téléphonie, les chefs retenus contre eux sont "pratiques commerciales trompeuses", "collecte de données personnelles par des moyens frauduleux, illicites ou déloyaux", "absence de déclaration de traitements de données personnelles à la Commission nationale informatique et libertés (Cnil)", "blanchiment en bande organisée" ainsi que "contrefaçon de marque en bande organisée". Quatorze d’entre eux ont été placées sous contrôle judiciaire et n’ont plus le droit de gérer une société de téléphonie et sept autres ont du verser une caution allant de 3 000 à 60 000 euros.

Une proposition de loi en débat à l'Assemblée nationale 

Une proposition de loi a été déposé par les députés UDI- Agir et adoptée par l’Assemblée nationale en décembre 2018, mais le débat est à l’arrêt jusqu’en décembre. Visant à encadrer le démarchage téléphonique et à lutter contre les appels frauduleux, il est notamment proposé dans celle-ci l’augmentation de l’amende qui incombe à ces arnaqueurs, passant de 75 000 à 375 000 euros. Des dispositifs comme Bloctel, qui permet de faire opposition au démarchage téléphonique de manière gratuite, voit leur efficacité remise en cause face à cette persistance des arnaques.

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* le nom de la personne a été modifié

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