Vous avez déjà pensé à écrire votre testament, mais n'êtes pas encore passé à l'acte. Grâce à ce document écrit, vous organisez vous-même la transmission de vos biens. Mais pour que vos dernières volontés soient respectées et suivies, il doit être valable. Mode d'emploi.

1 – Bien écrire son testament

Si vous souhaitez transmettre des biens particuliers à vos héritiers, le mieux est d’en faire part à travers un testament.

Comment : le testament, dit olographe, est le plus commun. Il doit être écrit, daté et signé de la main du testateur. Rien d’anodin dans ce processus car un testament peut être annulé en justice si les règles de fond et de forme n’ont pas été respectées. C’est le cas lorsque celui-ci n’indique aucune date ou s’il n’est pas manuscrit, mais imprimé ou photocopié.

Ce que vous ne pouvez pas faire : utiliser une cassette vidéo ou audio qui n’a aucune valeur juridique. Cependant, il est admis qu’un testament peut être écrit sur une page de journal ou sur un objet.

Sachez-le : en plus de la transmission des biens, le testament peut aussi comporter des dispositions comme l’organisation des funérailles ou la désignation d’un tuteur pour ses enfants, si ces derniers étaient encore mineurs au jour du décès.

Pensez-y : un testament doit être rédigé par une seule personne.

2 - Attention au fond

Concernant son contenu, votre liberté de décision est encadrée par le code civil.

Au moment de la rédaction, vérifiez, si vous souhaitez transmettre des biens, que vous ne portez pas atteinte à la part réservataire* de chaque enfant, la part minimale accordée aux héritiers. Le défunt ne peut transmettre à la personne de son choix que la quotité disponible, cette part qui correspond à la moitié des biens du donateur en présence d’un seul enfant, du tiers des biens en présence de deux enfants et du quart des biens en présence de trois enfants ou plus. Si les legs excèdent la quotité disponible, ils devront être réduits au moment de la succession.

Le testament peut porter sur l’ensemble des biens, une partie d’entre eux ou un ou plusieurs biens déterminés. Il n’est possible de léguer que des biens que l’on détient en propre, pas de biens communs.

Son utilité : la rédaction d’un testament est particulièrement adaptée si votre objectif est de transmettre à votre conjoint** plus que ce que prévoit la loi, d’avantager un enfant par rapport aux autres ou de répartir vos biens pour éviter une indivision.

* Vous ne pouvez pas déshériter vos enfants, et ne pouvez donc pas toucher à leur part réservataire.

** Sachez-le : seul un testament peut faire hériter son partenaire pacsé.

3 – Soyez le plus clair possible

Il ne faut laisser aucun doute sur le contenu du document et être le plus clair possible, au risque qu’il soit interprété et contesté. Commencez par une phrase introductive comme "ceci est mon testament".

Pour éviter les incompréhensions, évitez les phrases avec des souhaits comme "j’aimerai ou je souhaiterai donner mon appartement à…" et préférez "je lègue ma maison à...". Pensez à préciser les noms et prénoms des bénéficiaires, ainsi que leurs adresses et le lien de parenté s’il existe pour éviter le moindre doute.

Si vous en avez la possibilité : n’hésitez pas à le faire relire par un avocat ou un notaire.

Que faire de votre testament : pour éviter qu’il ne disparaisse (détruit ou égaré), le mieux est de le confier à un notaire, qui le fera enregistrer au fichier central des dispositions des dernières volontés* pour une trentaine d’euros.

Vous pouvez aussi conserver votre testament auprès de l’administration fiscale (ceci vous coûtera 125€) ou chez vous, mais dans ce dernier cas, prévenez une personne de confiance de l’endroit où vous l’aurez déposé.

* ce fichier est obligatoirement consulté au moment de l’ouverture d’une succession.

4 - Vous pouvez à tout moment changer votre testament

Un testament est un document qui ne prend effet qu’à la mort de celui qui l’a écrit. Jusqu’à son décès, le testateur peut le modifier partiellement ou entièrement ou l’annuler à tout moment. Et cela autant de fois qu’il le souhaite.

Pour éviter tout problème, surtout si les modifications sont importantes, il est préférable de détruire le précédent ou d’en demander l’annulation au fichier national des dernières volontés s’il a été enregistré par un notaire. Vous pouvez y ajouter la mention "remplace les testaments antérieurs" ou "je révoque toutes mes dispositions antérieures".

Si vous souhaitez n’apporter que quelques modifications, vous pouvez rédiger un codicille devant notaire pour les préciser. Éviter toute rature ou rajout directement sur le document au risque que cela le rende incompréhensible.

Pensez-y : la date revêt une importance particulière, surtout s’il y a eu des changements testamentaires. Cela permettra de déterminer les versions les plus récentes en cas de contestation.

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