Si vous avez un contrat en Unités de compte (UC), vous pouvez investir sur des sociétés non cotées. C'est ce que l'on appelle le "private equity".
Assurance vie : faut-il risquer le "private equity" ?Istock

Les taux des emprunts d'Etat négatifs incitent les assureurs à pousser leurs clients vers le « private equity » pour qu’ils obtiennent un peu plus de rendement. AXA, BNP Paribas, CNP, Crédit Agricole, Generali, AG2R LA MONDIALE : la plupart des grands assureurs ont ajouté cette carte à leur panoplie patrimoniale.

 

C’est la loi Macron de 2015 qui a permis aux assureurs d’intégrer des fonds de capital-investissement dans les supports UC. Derrière les UC de capital-risque (private equity), on trouve généralement un FCPR (fonds commun de placement à risque). Le ticket d’entrée démarre autour de 1000 euros, mais il atteint, selon les compagnies, fréquemment plusieurs dizaines de milliers d’euros.

 

Le FCPR achète des titres d’entreprises non cotées pour les introduire dans le contrat d'assurance-vie. Différentes stratégies patrimoniales sont au menu : achat de titres de jeunes entreprises innovantes et opérant dans les nouvelles technologies, les sciences du vivant ou les énergies propres ; prises de participation minoritaire dans le capital d’entreprises rentables, mais en quête de capitaux pour financer leur développement ; entrée dans le capital d’entreprises en difficulté au potentiel de retournement important, etc. Dans tous les cas, le gestionnaire investit avec l’objectif de revendre sa participation avec une plus-value à plus ou moins longue échéance.

 Il ne faut jamais placer plus de 5 à 10% de son épargne sur ce type d’UC

Contrairement aux fonds en euros, poussifs, mais sûrs, les fonds placés en private equity ne bénéficient évidemment pas de la garantie en cas et peuvent donner lieu à des perets en cas de mauvais investissements par  le gestionnaire du FCPR . Vu les risques encourus, il ne faut jamais placer plus de 5 à 10% de son épargne sur ce type d’UC.

 

La contrepartie de cette exposition est la promesse d’un rendement élevé. Selon les données de France Invest qui fédère des acteurs du capital-investissement, les fonds de private equity ont dégagé une performance annuelle moyenne de 8,8 % sur 10 ans (à fin 2018), contre 7,3 % pour le CAC 40 (dividendes réinvestis). Toutefois, selon certains gestionnaires, comme BlackRock, cette profitabilité est susceptible de diminuer.

L’investissement en private equity est décorellé, en règle générale des cours du marché des entreprises cotées. Les titres mis en portefeuille sont moins soumis à la volatilité des marchés, les critères de valorisation étant plus centrés sur les résultats intrinsèques de l’entreprise.

Talon d’Achille du capital-investissement, il nécessite de mobiliser l'épargne sur une longue période puisque les FCPR ont souvent une durée de 10 ans. Des fenêtres de rachat limitées dans le temps (par exemple 1 trimestre/an) peuvent être ouvertes au terme d’une période de blocage (par exemple 4 ans). Entre temps, il n’est possible de se dégager que moyennant une décote.

Private equity : gare aux fluctuations de la valeur du capital investi

Certains produits d’assurance vie hybrides permettent une sortie anticipée. Lorsqu'un épargnant effectue un retrait sur son contrat, l’assureur peut le régler en titres (actions) plutôt qu’en numéraire. Ces titres pourront être conservées ou vendues. La liquidité des investissements en capital-investissement est donc plus faible qu’avec les autres types d’UC.

Avant de s’engager dans le private equity, il est indispensable de lire le DICI (Document d’Information Clé pour l’Investisseur) afin de répertorier ses caractéristiques et le niveau des frais (souscription, fonctionnement, etc.) qui conditionnent la rentabilité finale. Il faut, en outre, ne pas avoir une aversion totale au risque et accepter une fluctuation de la valeur du capital investi.

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