Publié en novembre dernier, le rapport parlementaire du sénateur UMP Jean-René Lecerf a dévoilé le coût journalier d'un prisonnier français en 2013, ainsi que les disparités qui en résultent.

C’est une question qui intrigue aujourd’hui : combien coûte un prisonnier ? Selon le rapport parlementaire rédigé par Jean-René Lecerf (UMP), la somme dépensée quotidiennement pour un détenu serait de 100 euros, soit 36 500 euros par an.

Des écarts visibles selon les établissements

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Le rapport souligne les écarts significatifs des coûts journaliers entre les établissements. Vingt-quatre heures en centre de détention, réservé aux courtes peines, coûteront par exemple 106 euros tandis qu’en maison d’arrêt, destinée aux prévenus en attente d’une condamnation, la somme sera de 86 euros. La montant dépensé peut parfois doubler d’un établissement à un autre. C’est le cas de l’accueil en maison centrale. A 191 euros par jour et par détenu, le coût est quasiment deux fois plus cher que pour le reste des établissements pénitenciers. Une différence qui s’explique par le nombre plus élevé de surveillants en maison centrale où les peines sont plus longues et engendrent des frais dus au matériel spécialisé utilisé. En ce qui concerne les mineurs, une journée dans un établissement spécialisé coûterait 500 euros, 1,2 encadrant étant nécessaire pour chaque détenu.

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Les prisonniers bénéficiant d’un aménagement de peine sont à ce jour les moins coûteux : sous bracelet électronique, la somme journalière est estimée à 12 euros. Pour les condamnés en semi-liberté, les charges seront de 50 euros.

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Quelle différence entre le privé et le public ?

Aujourd’hui, 64 prisons sur les 191 que compte le pays sont de l’ordre du privé selon trois formes de contrat : en gestion déléguée classique, en autorisation d’occupation temporaire-location avec option d’achat et en partenariat public privé. Dans les établissements en gestion déléguée classique, les détenus sont un peu moins coûteux (90 euros par jour), mais une fois encore il existe des exceptions. Pour la maison centrale d’Arles, la somme moyenne est très nettement supérieure à celle du secteur public puisque, selon le ministère c’est "la petite taille de l’établissement (moins de 200 places) qui conduit à une hausse des coûts". Une comparaison entre le secteur privé et celui du public n’est pas envisageable "dans le sens où l’âge, la vétusté, la taille et le type de structure sont très disparates" a affirmé le ministère de la Justice.

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