Trump s'attaque à l'Iran

Trump l'avait promis pendant sa campagne. Il a tenu sa promesse malgré la pression de ses alliés européens. Il a décidé de sortir de l'accord nucléaire iranien, un accord signé en juillet 2015 après de deux ans de négociations, le "pire des accords" selon lui. Et il a annoncé le rétablissement des sanctions d'ici 90 à 180 jours.

L'ESCALADE

L'Iran est, depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir, dans le collimateur de l'administration américaine et la décision de Donald Trump était attendue. Mais elle aura évidemment des conséquences importantes. Directement avec le rétablissement des sanctions. Indirectement avec l'escalade qu'elle pourrait provoquer. Le rétablissement des sanctions met tous les pays et toutes les entreprises qui avaient recommencé à commercer avec l'Iran dans une situation délicate : s'ils ne cessent pas toute relation avec l'Iran d'ici 180 jours, ils pourront être sanctionnés par les États-Unis. Les Européens ont annoncé qu'ils continueraient à respecter l'accord nucléaire mais, sans les États-Unis, l'accord est vide de sens. Quant à l'Iran, elle se retrouve dans une situation difficile, surtout que la situation économique était déjà délicate. Trump parie d'ailleurs sur une déstabilisation du régime sur fond de crise économique.

LE PÉTROLE AU PLUS HAUT

C'est, en toute logique, le marché du pétrole qui réagit le plus à la décision de Donald Trump. Après avoir baissé hier de près de 4 % avant l'annonce du retrait des États-Unis de l'accord nucléaire avec l'Iran, le pétrole a violemment rebondi et se traite ce matin à son plus haut niveau depuis 2014. Mais on sent qu'il y a une vraie difficulté à analyser les conséquences sur le pétrole de la décision américaine. Et on risque d'assister dans les jours qui viennent à des variations assez marquées à la hausse comme à la baisse. Il est clair que les États-Unis veulent restreindre, à nouveau, les exportations de pétrole iranien. Moins d'offre de pétrole et donc une anticipation de hausse de cours.

QUE VA FAIRE L'ARABIE SAOUDITE ?

Une hausse des cours qui ne serait pas une bonne nouvelle pour le consommateur américain. Surtout avec la driving season, la saison où les consommateurs américains sont très sensibles au prix de l'essence. Une hausse du prix de l'essence serait extrêmement impopulaire et ça Donald Trump n'en veut pas. Et c'est ce qui limite pour l'instant la hausse des cours du pétrole. Les traders pensent que l'Arabie saoudite, évidemment favorable à la décision américaine, viendra éventuellement, avec d'autres membres de l'OPEP, augmenter sa production de pétrole si nécessaire pour éviter une flambée des cours au-dessus des 80 dollars par exemple. Le marché parie sur une nouvelle fourchette de variation de cours entre 60 et 80 dollars. Attendons-nous donc à une forte volatilité sur les cours du pétrole, une volatilité qui pourrait se répercuter sur le marché des changes.

QUELQUES NUAGES EN EUROPE

Depuis quelques jours les nouvelles économiques pointent vers un ralentissement de la croissance en zone euro. Hier ce sont les commandes à l'industrie en Allemagne qui ont baissé pour le 3ème mois consécutif et le moral des investisseurs en zone euro qui a glissé pour le 4ème mois consécutif. Entre ces nouvelles négatives et la hausse du dollar, l'euro continue à chuter. Il se rapproche des 1.18.

DU CÔTÉ DES (AUTRES) MARCHÉS

Les Bourses européennes étaient ouvertes ce mardi 8 mai, dans un contexte morose et alors qu'elles attendaient la décision de Trump sur l'Iran. Le CAC 40 a ainsi clôturé en baisse de 0,28 % à 5521,93 points. Une fois le retrait de l'accord entériné, Wall Street a finalement peu bougé et fini à l'équilibre (+0,01 % pour le Dow Jones, +0,02 % pour le Nasdaq). Le CAC 40 ouvre ce matin à l'équilibre alors que Tokyo a perdu 0,44 %.

PAUVRE AIR FRANCE SUITE

Les syndicats veulent reprendre les négociations avec la direction. Le problème c'est qu'il n'y a plus de direction... En attendant le cours d'Air France continue à s'effondrer. Il a chuté de 10% lundi et a perdu 50% de sa valeur depuis le début de l'année.

ET TOUJOURS LA SNCF

avec des syndicats qui veulent maintenir la grève au moins jusqu'à la fin du mois de mai.

ATTENTION AUX PAYS ÉMERGENTS

Les pays émergents, ex-chouchous des investisseurs depuis plusieurs années, sont sous pression. L'exemple le plus spectaculaire: l'Argentine. Après avoir remonté ses taux d'intérêt à 40% pour tenter de freiner la chute du peso, elle a dû demander mardi l'aide du FMI pour tenter de sortir de la crise.

L'ITALIE SOUS PRESSION

De nouvelles élections législatives pourraient être organisées rapidement si aucun accord de coalition n'aboutissait. Cette perspective a mis les marchés italiens, actions et emprunts d'État, sous pression. Ce n'est pas la panique, mais c'est l'inquiétude.

ON S'EN FOUT ?

Christine Lagarde pourrait devenir Présidente de la Commission Européenne en mai 2019 si le Parti Populaire Européen gagne les élections ; 8 Français sur 10 n'ont pas confiance dans les placements en actions (Challenges) ; Le PSG a gagné la Coupe de France...contre les Herbiers ; Les associations et scientifiques s'inquiètent du retard de l'arrivée des hirondelles (Aujourd'hui) ; C'est un pompier qui a remporté le concours Lépine avec son Medpack, une station de travail médicale extra hospitalière ; Démarrage du Festival de Cannes ; La saison 4 de la série nordique The Bridge est excellente.

VOILÀ C'EST TOUT. BONNE JOURNÉE. MAY THE FORCE BE WITH YOU.

Edito publié sur MonFinancier.com le 09/05/2018.

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