Notre dossier complet sur le sevrage.
Tentation virtuelle pour sevrage réel ?

Tentation virtuelle pour sevrage réel ?

Un fumeur qui ne s'en grille pas une alors qu'il est attablé dans un bar baigné dans un nuage de fumée cotonneux ? La scène est bien réelle dans les laboratoires de Ken Grapp, chercheur à l'université d'Atlanta. Sauf que ce café est virtuel.

Depuis 2001, quatre équipes de chercheurs internationaux essayent en effet de déconditionner des personnes dépendantes au tabac en les plongeant dans des situations virtuelles.

"On fume toujours dans un contexte précis"

« Quand un fumeur fume, il est toujours dans un contexte précis, même s'il ne s'en rend pas compte, explique Evelyne Klinger, chercheur spécialiste des applications thérapeutiques de la réalité virtuelle dans les laboratoires Présence et Innovation (ELHIT) de Laval. Exposer régulièrement ce fumeur à un univers recrée virtuellement, sans qu'il puisse fumer, doit permettre, de réduire sa consommation de cigarettes dans la réalité. »

Partant du principe qu'il est impossible dans la vie réelle d'éviter les situations tentatrices, il faut que les patients s'y exposent virtuellement. Grâce à cette nouvelle approche, les chercheurs pensent pouvoir repérer quelles sont les situations les plus tentatrices pour chaque patient. Pour au final mieux orienter les thérapies cognitives de sevrage.

Repérer les lieux de tentation

Les scientifiques ont d'abord listé et recréé ces situations de tentation : fête entre amis, cour d'immeuble, restaurant, bar, quelqu'un en train de fumer, paquets de cigarettes à vendre. Pour reproduire ces lieux, ils se sont concentrés surtout sur les ambiances lumineuses, sonores, olfactives. Mais les signaux évocateurs peuvent être également intégrés dans l'environnement urbain, tel un paquet de cigarettes sur un panneau indicateur ou sur un banc dans un jardin public.

« Les chercheurs peuvent même pousser le réalisme jusqu'à présenter la marque de cigarettes que fume le patient », rapporte Evelyne Klinger.

Premiers résultats

Jusqu'à présent, l'expérience est menée en trois temps. Le fumeur se familiarise d'abord avec l'environnement, puis il l'explore en temps réel mais les chercheurs n'intègrent aucuns signaux évocateurs. Enfin, le fumeur se déplace dans un univers truffé de tentations. Le patient est comme préparé pour la vie réelle dans le monde virtuel.

« Pour le moment, ses recherches sont expérimentales, s'empresse de préciser Evelyne Klinger, mais une équipe américaine doit publier cette année ses résultats. Les premières recherches ont prouvé que les patients réagissent à des stimuli virtuels, qui évoquent les substances dont ils sont dépendants.» Reste à savoir si l'on peut passer de la réaction au sevrage.

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