Chaque année, on compte environ 1 000 incidents ou anomalies dans les centrales nucléaires françaises. Quels ont été les accidents les plus graves dans le pays ? Et dans le monde ? Les réponses de Planet.fr.
Nucléaire : les accidents les plus graves en France et dans le mondeCreative Commons
Sommaire

1. 17 octobre 1969, centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux

1. 17 octobre 1969, centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-EauxSituation géographique : Saint-Laurent-Nouan, Loir-et-Cher, France.

Niveau de gravité : 4 (sur 7, selon l'échelle INES (International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : Dans la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, un accident se produit le 17 octobre 1969. Dans le réacteur A1, cinq combustibles entrent en fusion. Officiellement, la contamination se serait arrêtée aux frontières du site. La population n'avait pas été prévenue.

EDF, responsable de la centrale, avait à l'époque qualifié l'évènement de simple "incident". Il s'agit pourtant de l'un des plus graves survenu en France.

Conséquences : Le réacteur en question a été mis à l'arrêt pendant un an, ce qui a coûté plus de 3 millions d'euros.

© Remi Jouan / Wikimédia Commons

2. 13 mars 1980, centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux

2. 13 mars 1980, centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-EauxSituation géographique : Saint-Laurent-Nouan, Loir-et-Cher, France.

Niveau de gravité : 4 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : Onze ans après un premier accident grave, la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux en connaît un nouveau le 13 mars 1980. Cette fois-ci, c'est dans le réacteur A2 que la fusion de deux combustibles commence. Une plaque métallique vient boucher des canaux, empêchant le refroidissement normal des combustibles.

Conséquences : Très abîmé, le réacteur A2 de la centrale ne fonctionnera plus pendant 2 ans et demi. Il est classé au niveau 4 sur l'échelle INES, comme l'accident de 1969, mais on considère tout de même que c'est l'accident nucléaire le plus grave que la France ait jamais connu.

© Clicgauche / Wikimédia Commons

3. 12 mai 1998,centrale nucléaire de Civaux

3. 12 mai 1998,centrale nucléaire de CivauxSituation géographique : Civaux, Vienne, France.

Niveau de gravité : 2 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : Le réacteur numéro 1 est à l'arrêt, mais une fuite d'eau se produit dans la tuyauterie du système de refroidissement du réacteur. La voie de secours prend le relais et refroidit le réacteur à nouveau normalement. La fuite du système principal est réparée quelques heures plus tard.

Conséquences : 230 mètres cube d'eau radioactive se sont échappés, mais, selon le directeur de la sûreté nucléaire de l'époque, toute l'eau aurait été récupérée par le puisard du réacteur. Après cet incident, EDF a arrêté le fonctionnement de 6 réacteurs portant le même défaut. Ces réacteurs ont pu être redémarrés seulement 10 mois plus tard.

© Babsy / Wikimédia Commons

4. 27 décembre 1999, centrale nucléaire du Blayais

4. 27 décembre 1999, centrale nucléaire du BlayaisSituation géographique : Braud-et-Saint-Louis, Gironde, France.

Niveau de gravité : 2 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : Après la grosse tempête qui a marqué la fin de l'année 1999, les parties basses de la centrale nucléaire ont été inondées, obligeant à arrêter trois des quatre réacteurs pour des raisons de sécurité. L'accident majeur aurait été évité de peu.

Conséquences : Plusieurs centrales sont concernées par d'hypothétiques inondations. Après cet accident, un rapport parlementaire a demandé que les protections internes et externes des centrales soient améliorées.

© Valpayr / Flickr

5. 2 décembre 2009, centrale nucléaire de Cruas-Meysse

5. 2 décembre 2009, centrale nucléaire de Cruas-MeysseSituation géographique : Cruas, Ardèche, France.

Niveau de gravité : 2 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : L'un des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse connaît un problème au niveau du système de refroidissement. Le problème était lié à l'obturation par des débris végétaux du tuyau d'eau alimentant le réseau de refroidissement.

Conséquences : En urgence, pour des raisons de sécurité, EDF a provoqué l'arrêt de ce réacteur.

© Esby / Wikimédia Commons

6. 28 janvier 1999, centrale nucléaire de Cruas-Meysse

6. 28 janvier 1999, centrale nucléaire de Cruas-MeysseSituation géographique : Cruas, Ardèche, France.

Niveau de gravité : 1 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : A la suite de dégazages radioactifs effectués le 28 janvier 1999, deux évacuations du personnel de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse ont été nécessaires.

Conséquences : L'Autorité de sûreté nucléaire, ASN, a alors décidé de procéder à une inspection de la centrale nucléaire.

© Michael Pollak / Wikimédia Commons

7. 8 juillet 2008, site nucléaire du Tricastin

7. 8 juillet 2008, site nucléaire du TricastinSituation géographique : Saint-Paul-Trois-Châteaux, Drôme, France.

Niveau de gravité : 1 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : Lors du nettoyage d'une cuve dans la nuit du 7 au 8 juillet 2008, de l'uranium se déverse sur le site et dans les rivières voisines. On considère que 75 kg d'uranium sont arrivés jusqu'aux rivières de la Gaffière et du Lauzon.

Conséquences : Les communes n'ont été prévenues que 12 heures plus tard, et la pêche et la baignade ont été interdites. Par ailleurs, des restrictions ont été imposées pour la consommation d'eau dans les communes proches du site nucléaire : Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône.

Quelques jours après l'accident, des mesures d'uranium ont été effectuées dans la nappe phréatique, laissant imaginer qu'il y avait également dû y avoir des rejets antérieurs.

© Arnaud 25 / Wikimédia Commons

8. 18 juillet 2008, usine Franco-Belge de Fabrication du Combustible

8. 18 juillet 2008, usine Franco-Belge de Fabrication du CombustibleSituation géographique : Romans-sur-Isères, sur le site nucléaire du Tricastin, Drôme, France.

Niveau de gravité : 1 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : Cette usine fabrique du combustible nucléaire. Le 18 juillet 2008, elle connaît une rupture au niveau des canalisations, ce qui entraîne des rejets radioactifs.

Conséquences : Rapidement, l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) rassure en annonçant que les analyses effectuées montrent qu'il n'y a pas d'impact sur l'environnement, car les quantités d'uranium rejetées étaient très faibles.

© Michiel 1972 / Wikimédia Commons

9. 23 juillet 2008, site nucléaire du Tricastin

9. 23 juillet 2008, site nucléaire du TricastinSituation géographique : Saint-Paul-Trois-Châteaux, Drôme, France.

Niveau de gravité : 1 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : Le réacteur 4 du site nucléaire du Tricastin subit une opération de maintenance le 23 juillet 2008. C'est à cette occasion que des particules radioactives sont rejetées.

Conséquences : Quelques dizaines d'employés du site nucléaire du Tricastin seront légèrement contaminés.

© Vpe / Wikimédia Commons

10. 26 avril 1986, Tchernobyl

10. 26 avril 1986, TchernobylSituation géographique : Centrale nucléaire de Lénine, à 15 km de Tchernobyl, 110 km de Kiev, la capitale de l'Ukraine.

Niveau de gravité : 7 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : Des défauts de conception de la centrale, et plusieurs erreurs humaines ont engendré la plus grande catastrophe nucléaire de tous les temps. Le réacteur numéro 4 surchauffe, menant à une explosion du réacteur, brûlant pendant 10 jours. 10 jours pendant lesquels de grandes quantités de particules radioactives envahissent l'atmosphère.

Conséquences : Les autorités ukrainiennes évacuent plus de 250 000 personnes, dont 40 000 à Pripyat, la ville la plus proche, qui est aujourd'hui encore une ville fantôme. Des pompiers envoyés pour éteindre l'incendie meurent dans les semaines qui suivent. Les villages alentours sont enfouis, on construit un sarcophage autour de la carcasse du réacteur.

Le nuage radioactif a survolé toute l'Europe, y compris la France, même si on avait voulu le cacher à l'époque. Aujourd'hui, 25 ans plus tard, un périmètre de 30 km autour de la centrale est totalement interdit.

© Redrat72 / Wikimédia Commons

11. 29 septembre 1957, Mayak

11. 29 septembre 1957, MayakSituation géographique : Complexe nucléaire de Mayak, près de Tcheliabinsk, Russie.

Niveau de gravité : 6 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : A cause d'une panne électrique, une explosion au sein du complexe nucléaire est à l'origine du rejet de nombreuses particules radioactives. Il s'agit du premier accident majeur de toute l'histoire du nucléaire. Mais, jusqu'en 1976, le régime soviétique garde cet accident secret. C'est un biologiste soviétique qui le révèlera, après avoir immigré en Angleterre.

Conséquences : La catastrophe de Mayak a provoqué la mort d'au moins 200 personnes. Environ 10 000 personnes ont dû être évacuées, et une zone de 250 km² autour du complexe a été interdite. On considère que plus de 500 000 Russes ont pu être exposés aux radiations.

© Carl Anderson / Wikimédia Commons

12. 12 mars 2011, Fukushima

12. 12 mars 2011, Fukushima© maxpppSituation géographique : Complexe nucléaire de Fukushima, nord-est du Japon.

Niveau de gravité : 6 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires). Mais les autorités japonaises considèrent qu'il ne s'agit que d'un niveau 4.

Ce qui s'est passé : Suite au tremblement de terre et au tsunami du 11 mars 2011, la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi est fragilisée. Dès le lendemain, bien que les réacteurs se sont arrêtés automatiquement avec les premières secousses du séisme, une première explosion dans un réacteur se produit. D'autres suivront.

Conséquences : Avec difficulté, le personnel de la centrale tente de refroidir le combustible pour éviter une catastrophe nucléaire mondiale. Plus de 200 000 personnes ont déjà été évacuées. Un périmètre de 40 km autour de la centrale est interdit à la population. Les habitants de Tokyo, à 250 km de la centrale, se préparent à devoir rester calfeutrés chez eux, au cas où un nuage radioactif survolerait la capitale.

Lire aussi : Japon : suivez la chronologie en direct

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© MaxPPP

13. 28 mars 1979, Three Mile Island

13. 28 mars 1979, Three Mile IslandSituation géographique : centrale nucléaire de Three Mile Island, près de Harrisburg, Pennsylvanie, USA.

Niveau de gravité : 5(sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : Une pompe d'alimentation d'eau alimentant le circuit de refroidissement d'un réacteur tombe en panne. Des défauts de conception, des défaillance mécaniques et des erreurs humaines conduisent à la fusion du combustible dans le réacteur.

Conséquences : Cet accident très grave a eu des conséquences limitées. En effet, l'enceinte de confinement ayant parfaitement joué son rôle, les rejets radioactifs sont restés très faibles.

Malgré l'absence de conséquences dramatiques, cet évènement a freiné l'enthousiasme que les financiers américains avaient pour le nucléaire. Depuis cet accident, aucune nouvelle centrale civile (non militaire) n'a été construite aux Etats-Unis.

© Wikimédia Commons

14. 10 octobre 1957, Windscale

14. 10 octobre 1957, WindscaleSituation géographique : complexe nucléaire de Windscale, dans le comté de Cumbrie, au nord-ouest de l'Angleterre.

Niveau de gravité : 5 (sur 7, selon l'échelle INES, International nuclear event scale, échelle internationale des évènements nucléaires).

Ce qui s'est passé : Pendant plusieurs jours, un incendie attaque la centrale nucléaire de Windscale. De très forts rejets radioactifs sont enregistrés.

Conséquences : Cet incendie génère un nuage radioactif qui traverse l'Angleterre, puis atteint le continent européen. A l'époque, les Français n'en seront pas avertis.

Suite au rejet de radiations, le lait ne pourra plus être consommé pendant deux mois dans les 500 km² qui entourent la centrale.

Pour tourner la page de ce grave accident nucléaire, le complexe de Windscale sera débaptisé, et renommé Sellafield.

© Amgine / Wikimédia Commons

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