Ancien chef économiste au FMI, Olivier Blanchard estime que l'euro pourrait se désagréger, constat que partage d'ailleurs le ministre de l'économie. Dans un tel scénario, le risque que les choses tournent très mal est très élevé. Vous pourriez y perdre beaucoup...
L'euro va-t-il mourir ? Les prédictions inquiétantes d’un ancien chef économiste du FMIIllustrationIstock

L'euro va-t-il mourir ? Le risque qui pèse sur la construction européenne

Le projet européen est-il menacé ? Lui, pas forcément, mais l'euro oui ! C'est en tout cas l'avis d'Olivier Blanchard, un ancien chef économiste reconnu du Fond Monétaire International (FMI). "Il est possible que dans les années à venir, un Etat estime que son salut est hors de la monnaie unique. La transition vers la sortie lui serait très coûteuse. Mais dans le pire des cas, l'UE survivrait à l'euro. Après tout, elle existait avant lui", indique-t-il dans un entretien accordé au Monde.

Et il n'est pas le seul à le penser : Bruno Le Maire, ministre de l'économie, est lui aussi très alarmiste. "Il y a ceux qui considèrent comme moi que l'euro est désormais menacé. Il n'a jamais été aussi menacé", a-t-il déploré à l'occasion d'une rencontre avec des journalistes de la presse diplomatique, précise Le Figaro. Il s'est également inquiété d'un "risque de surévaluation des actifs et de retour d'une crise financière"...

D'aucuns envisagent, eux, la réelle implosion de la zone euro. C'est un danger très réel pour certaines institutions de poids comme... La Banque Centrale Européenne, rappelle Capital. Dans son dernier rapport semestriel, rendu public le 26 mai 2020, elle s'inquiète de l'impact de la crise du coronavirus Covid-19 sur les économies européennes, avec en sous texte la question de la stabilité financière de l'Union. De nombreuses nations du Vieux Continent, dont la France, n'ont pas hésité à faire exploser les déficits. A moyen terme, "nous devons être attentifs à la situation de soutenabilité budgétaire des différents pays, ainsi qu'à la qualité des finances publics", a donc fait savoir le vice-président de la BCE, Luis de Guindos.  Avec en tête un objectif essentiel, sinon primordial explique-t-il, "préserver la viabilité de la dette".  Sans quoi certains pour se retrouver contraint de quitter la zone euro.

C'est pourquoi la BCE travaille activement de sorte à sécuriser autant que faire se peut les économies d'Europe. Elle ne remet pas en cause les plans de soutien annoncés depuis le début de la pandémie, parce qu'elle est convaincue que sans eux la fiscalité des différentes nations de l'UE se serait encore plus écrasée. Néanmoins, cela ne sera pas suffisant. "La seule façon d'éviter un risque de sortie de l'euro pour un pays tout en incitant à l'endettement, c'est que les taux d'emprunts souverains restent le plus bas possible et la BCE semble déterminée à s'en assurer coûte que coûte", estime pour sa part Ludovic Subran, chef économiste chez Allianz, qui s'est exprimé dans les colonnes de l'Agence France-Presse, et dont les propos sont repris par le mensuel spécialisé en économie.

 

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"Le risque d'une sortie de l'euro est réel, mais pas imminent", explique Nicolas Goetzmann, macro-économiste et auteur d'un rapport sur la politique monétaire européenne. Selon lui, le risque est plus politique qu'économique. "Tant que l'économie européenne dysfonctionnera, ce qu'elle fait depuis 2008, le risque d'une mort de l'euro est possible. Il est lié à l'écrasement de la demande intérieure en Europe, laquelle a des conséquences politiques claires : la montée des populismes", souligne-t-il. Il pointe également du doigt les fortes disparités qui existent entre les Etats membres de la zone euro. "Certains Etats, comme l'Allemagne, sont excédentaires. D'autres, comme la France, sont au contraire déficitaires. Cette situation fait peser un risque sur l'unité politique de la zone euro", juge-t-il.

"Je n'imagine pas la mort de l'euro", commente pour sa part Philippe Crevel, économiste et directeur du Cercle de l'Épargne. "Bien sûr, je suis conscient des risques qui pèsent sur l'euro. Le prix Nobel Joseph Stiglitz et Olivier Blanchard les ont déjà soulignés par le passé. Toutefois, on ne peut pas souhaiter la fin de la monnaie unique en Europe… Fort heureusement, les 16 pays de la zone euro savent que cela coûterait extrêmement cher. Il n'y aurait aucun gagnant à ce jeu-là", poursuit-il.

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