Le grand gérant américain, Fidelity, a décidé de déprécier de 25% sa participation dans Snapchat. Et c’est l’occasion d'expliquer pourquoi il ne faut pas trop s’exciter sur les valorisations des start-ups, même les grosses. Tant qu’une société n’a pas été vendue en cash ou tant qu’elle n’a pas été introduite en Bourse, toute valorisation d’une société est souvent virtuelle.

EXPLOSION DES VALORISATIONS

On assiste depuis quelques mois à une explosion de la valorisation des start-ups numériques. C’est vrai que c’est grisant, enthousiasmant, voire euphorisant. Mais ces valorisations ne veulent souvent pas dire grand-chose. Ce ne sont certes pas des valorisations uniquement faites sur un coin de table. On parle d’espèces sonnantes et trébuchantes puisque des fonds et des investisseurs mettent de l’argent, souvent des centaines de millions d’euros ou de dollars sur la base de ces valorisations.... Mais c’est un peu plus compliqué que cela.

LES LICORNES VIRTUELLES

Je vais essayer d’expliquer ça simplement. Imaginons une belle start-up. En pleine croissance. Leader dans son secteur. Pas rentable mais en cette période d’euphorie ce n’est pas le sujet. Elle a besoin, puisqu’elle se développe et qu’elle perd de l’argent, de lever de l’argent. Disons 200 millions d’euros. Elle négocie avec un gros fonds et elle rêve de devenir une licorne même si elle ne vaut pas vraiment un milliard d’euros. Le fonds en fait se fout complètement de sa valorisation d’entrée. Il accepte une valorisation faciale d’un milliard d’euros. Et accepte de n’avoir que 20% du capital. Cela ne change rien pour lui.

PACTE D'ACTIONNAIRES

Pourquoi accepte il de valoriser cette société à un milliard, et de n’avoir que 20%, s’il pense qu’elle vaut moins ? Il est protégé, et c’est le cas maintenant dans la Silicon Valley et ailleurs pour les plus grosses opérations de fonds, par un pacte d’actionnaires. Un pacte d’actionnaires qui dit que si la société s’introduit en Bourse, se vend ou lève ensuite de l’argent à une valorisation inférieure à un milliard, il sera compensé en ayant plus de capital de la société. Et dans les cas les plus extrêmes, il peut récupérer la majorité du capital voire la totalité. En fait tant que la société dans son ensemble ne vaut pas moins que les 200 millions d’euros qu’il a mis, il ne perdra rien. C’est aussi brutal que ça. Alors je suis désolé de jouer les rabat-joie mais dans le nouveau jeu de la silicon valley, les valorisations sont souvent bidons. Elles servent à donner une belle image de la société et à éventuellement attirer des investisseurs moins avisés qui vont vraiment payer un prix absurde. Et parfois ça marche.

J'AURAIS DU ACHETER UNE VOLKSWAGEN DIESEL

c'est la mobilisation générale dans le monde entier pour fédérer des plaintes de particuliers qui ont acheté des VW "trafiqués"... Ils se plaignent que leurs voitures vont être très largement décotées à la revente, sans parler du préjudice moral (on ne rigole pas). VW va devoir payer, compenser. Combien ? Personne ne le sait encore et les estimations varient entre 15 milliards et... 80 milliards...

TOUT ÇA POUR ÇA ?

Vous avez compris que je n'étais pas fan du grand cirque de la COP 21. Mais j'ai pu me convaincre que cela pouvait être une bonne nouvelle pour mes petits et arrière-petits enfants. Seulement, Kerry vient de rappeler un petit détail : le deal sur le climat ne constituera pas une obligation légale... En gros, tous les pays vont pouvoir signer n'importe quoi à Paris, il n'ont aucune obligation de l'appliquer.

PAUVRE VENEZUELA

Entre la baisse du pétrole et un régime politique dramatique, la situation économique se détériore chaque jour un peu plus avec des taux d'inflation à trois chiffres, des ruptures d'approvisionnement de biens de consommation essentiels et une décroissance qui s'accélère. Les États-Unis viennent d'arrêter les deux neveux de la first Lady vénézuélienne, qui transportaient 800 kilos de cocaïne... Il ne manquait plus que ça.

DU GRAND N'IMPORTE QUOI

Depuis quelques semaines, on a l'impression que le gouvernement est en panique et revient sur tous ses engagements. Après le bug sur les impôts des retraités modestes, voilà que Valls cède au soporifique Ayrault et accepte un abattement de CSG pour les revenus les plus modestes. Qui devra être forcément compensé par une hausse des taxes et des impôts d'une espèce en voie de disparition, les classes moyennes.

L'ÂGE DU JOUR

55.3 ans. C'est l'âge moyen d'un acheteur d'une voiture neuve. Incroyable non ? Après l'immobilier, c'est l'automobile qui devient inaccessible aux jeunes. Des jeunes qui d'ailleurs se demandent s'il faut vraiment posséder une voiture avec tous les sacrifices que ça implique à l'heure de l'économie de partage...

VIVENDI SOUS PRESSION

Pas d'armistice mercredi pour Vivendi. Le cours a chuté de plus de 10% pour clôturer en baisse de 5.8% sur des résultats trimestriels décevants et les craintes sur les abonnements Canal, entre autres. La partie que joue Bolloré devient plus difficile et donc encore plus passionnante.

COMMENT RÉUSSIR SON INTRODUCTION EN BOURSE ? (Suite)

...En entrant avec une valorisation attractive. C'est ce qu'a fait Amundi, contraint et forcé, avec une valorisation en bas de fourchette à 7.5 milliards d'euros et une levée, réussie, de 1.5 milliards d'euros.

TRÈS DRÔLE

le premier échange entre Macron et Axelle Lemaire quand celle-ci est entrée au gouvernement comme secrétaire d'État au numérique. À Macron qui l'a prise de haut, Lemaire a répondu : "Tu vas me parler sur un autre ton, je suis plus âgée que toi, j'ai deux enfants, et je suis élue, moi, monsieur !"

LE CHIFFRE DU JOUR

900,000 entrées en 24 heures pour le nouveau James Bond. Un record. Seul Star Wars peut le battre. Si la Force est avec nous.

LE TTSO DE LA SEMAINE : la Commission répond à Cameron

En gros, elle classe les exigences de Cameron en 3 catégories : 1) Faisable : donner plus de poids aux parlements nationaux. 2) Difficile : donner les mêmes droits aux pays non-membres de la Zone Euro qu'à ceux qui y appartiennent. 3) "Hautement problématique" (car contraire aux "libertés fondamentales sur le marché intérieur") : discriminer les citoyens européens (= ne pas leur accorder les mêmes droits sociaux qu'aux citoyens britanniques). Les derniers sondages au UK (Ipsos/Mori fin octobre) indiquent 39% de pro "Exit" vs 52% de pro "Stay". L'avance du "Stay" a été réduite de moitié vs les sondages de cet été. N'oubliez pas de vous abonner TOUT DE SUITE à l'excellente newsletter du soir de TTSO. C'est facile et c'est ici.

VOILÀ C'EST TOUT
BONNE JOURNÉE
MAY THE FORCE BE WITH YOU

Edito publié sur MonFinancier.com le 12/11/2015.