La prévention de la perte d'autonomie des personnes âgées : un enjeu majeur pour nos sociétés vieillissantes

La prévention de la perte d’autonomie des personnes âgées est un sujet montant de nos politiques publiques. Alors que le nombre de retraités dépendants augmente en France, cette thématique constitue l’une des principales orientations du projet de loi d’adaptation de la société au vieillissement. De nombreux acteurs s’emparent du sujet pour proposer des solutions concrètes.

Un contexte d’augmentation du nombre de retraités dépendants

Le vieillissement de la population française s’accélère : un habitant sur cinq avait plus de 60 ans en 2005, ils seront un habitant sur trois en 2050. Si ce vieillissement est lié à une forte augmentation de l’espérance de vie au cours des dernières décennies, celle-ci ne se fait pas forcément en bonne santé et en pleine possession de ses capacités. On compterait ainsi 1,2 million de personnes âgées dépendantes en France.

La perte d’autonomie – ou la dépendance – peut se définir comme "l’incapacité pour une personne d’effectuer par elle-même certains actes de la vie courante". Elle peut avoir un visage très différent selon les individus (moteur, mental, etc.) et n’est pas uniquement fonction de l’état de santé, mais aussi de l’environnement, de l’entourage ou de la situation financière du retraité : une même personne pourra être autonome dans un endroit et pas dans un autre.

Selon certains rapports, la prise en charge de la dépendance pourrait coûter jusqu’à 34 milliards d'euros. Dans un contexte de restrictions budgétaires, la prévention de la perte d’autonomie constitue donc un enjeu majeur de nos politiques publiques, notamment relayé par les caisses de retraite au travers de leur politique d’action sociale.

Comment prévenir la perte d’autonomie ?

De même qu’elle peut avoir plusieurs visages, la dépendance peut être liée à de multiples facteurs. Si la chute est la cause qui revient souvent à l’esprit, le manque d’activité physique, de sommeil ou de lien social sont des facteurs non moins importants. C’est pourquoi la prévention de la perte d’autonomie doit se fonder sur une approche multidimensionnelle. C’est la direction prise par la plupart des acteurs de prévention qui développent désormais un concept plus global, celui de bien-vieillir. Il ne s’agit plus uniquement de tenter de repousser un processus – celui de la perte d’autonomie – mais bien d’appréhender de manière positive l’avancée en âge comme une période active et épanouissante pour le retraité.
    
La perte d’autonomie doit être prévenue le plus tôt possible. Idéalement, elle s’adresse en priorité aux jeunes retraités, voire aux actifs proches de la retraite. Cependant, les acteurs de la prévention sont confrontés à un problème récurrent : les populations cibles ne se sentent pas concernées. La tendance est très forte pour l’aménagement du logement : il ne devient une préoccupation que lorsque la dépendance commence à s’installer et qu’il est devenu compliqué d’agir. Au-delà de la prévention, l’enjeu est donc aussi la sensibilisation à la prévention : il s’agit de la rendre attractive, intéressante et accessible à tous, notamment au travers des actions collectives de prévention.

Les actions collectives de prévention : un moyen efficace de lutte contre la perte d’autonomie

La prévention collective vise à rendre les seniors acteurs de leur santé grâce à des conseils accessibles à tous, prodigués dans le cadre d’activités ou d’ateliers conviviaux (la pratique d’une activité physique, la nutrition, le sommeil, la vie sociale, etc.) et des points d’attention spécifiques aux personnes âgées comme la stimulation de la mémoire ou encore la prévention des chutes. Prévenir collectivement est une tendance qui se développe car, outre son contenu, elle permet aussi aux personnes âgées de se retrouver et d’échanger. Elle crée du lien social, bénéfique à la prévention de la dépendance.

Les études de terrain tendent à montrer l’efficacité des actions collectives de prévention. C’est le cas de l’étude du Prif (Prévention retraite Île-de-France), organisme interrégime (Cnav, MSA et RSI) développant des ateliers de prévention à destination des seniors. Cette étude, réalisée en 2014 auprès de 2500 participants à des ateliers de prévention, met en lumière l’intérêt des ateliers de prévention pour les retraités :

- Ils constituent tout d’abord un apport de connaissance bénéfique aux participants pour préserver leur santé et leur autonomie ; le contenu pratique des intervenants est d’ailleurs enrichi des expériences des participants.
- Ils sont le vecteur de changements des comportements et d’acquisition d’aptitudes nouvelles.
- Ils sont à l’origine de l’élaboration par les seniors de nouveaux projets pour aménager leur logement, pratiquer une activité physique ou encore construire leur retraite.

Les actions collectives seraient particulièrement indiquées dans la lutte contre la perte d’autonomie puisque l’étude souligne que le lien social constitue "l’une des clés d’appropriation des messages et de l’inscription dans la durée des comportements favorables à la santé".

Un nombre croissant d’acteurs s’implique dans la prévention de la perte d’autonomie

Qu’ils soient associatifs ou institutionnels (Clic, CCAS, etc.), de plus en plus d’acteurs de proximité s’engagent dans le champ de la prévention de la perte d’autonomie et du bien-vieillir. Si les ateliers de prévention sont les actions qui paraissent les plus évidentes, d’autres associations agissent sur le champ de la lutte contre l’isolement des personnes âgées ou encore sur la valorisation de la citoyenneté et de l’utilité sociale des seniors en leur permettant de s’insérer dans des actions de bénévolat par exemple. Les caisses de retraite s’investissent elles aussi au travers d’un soutien financier aux porteurs de projets de lutte contre la perte d’autonomie. Ces aides s’adressent aux structures spécialisées dans le domaine, mais aussi aux organismes "généralistes" comme les foyers de travailleurs migrants ou les centres sociaux afin que cette thématique s’inscrive dans les politiques sociales de ces structures. Plus largement, il s’agit de faire du vieillissement un paramètre incontournable des politiques publiques, sanitaires et sociales.

En vidéo sur le même thème :10 milliards de Terriens en 2050


Recevez toute l'actualité chaque jour GRATUITEMENT !

X
Publicité

Contenus sponsorisés

Publicité