La dévaluation compétitive du dollar

L'euro à 1.2450 dollar. Le dollar à 108.80 yens. La livre sterling à 1.43 dollar. Le dollar s'effondre. Le secrétaire du Trésor américain a déclaré que la baisse du dollar était une bonne nouvelle. Et c'est une déclaration très importante. Elle n'est pas accidentelle.

LA DÉVALUATION DU DOLLAR

Elle fait écho à ce qu'avait dit Trump quand il était arrivé à la Maison Blanche, il trouvait le dollar trop fort et il souhaitait le voir baisser. À l'époque, comme souvent, on ne l'avait pas pris au sérieux. Mais depuis le début de sa présidence, le dollar a baissé de plus de 15%, 15% c'est une dévaluation, une dévaluation qui est un formidable coup de pouce pour les entreprises américaines. Le sujet du dollar revient donc sur la table et l'administration américaine peut accélérer le processus de dévaluation.

AMERICA FIRST

On est donc dans une stratégie délibérée. Une stratégie globale qui a un nom. Un nom que répète régulièrement Trump : America First. Trump veut redonner le maximum de compétitivité aux entreprises américaines. Le premier volet de son action était fiscal. Avec des taux d'impôts à 21% et surtout la possibilité de rapatrier massivement les capitaux stockés hors des États-Unis, il a donné un avantage compétitif massif. La phase deux de son programme America First c'est de s'attaquer au déficit commercial massif des États Unis. Avec une action sur trois fronts : sortir des grands accords commerciaux qu'il juge contraignants et défavorables aux États Unis, taxer les produits à l'importation quand ils menacent des industries américaines et enfin dévaluer le dollar.

LA GUERRE DES CHANGES A COMMENCÉ

Est-ce qu'on peut parler de guerre des changes ? Oui. En fait elle a commencé depuis un an mais on ne s'en est pas aperçu. On a même pensé que la baisse du dollar était une conséquence de l'image de Trump. On sait depuis hier que c'est une stratégie délibérée. On est dans un processus de dévaluation compétitive. Avec la Chine et le Japon qui sont particulièrement visés. Ces deux pays vont d'ailleurs devoir réagir. L'Europe elle va subir sans pouvoir réellement agir. Trump déroule finalement un programme qu'il avait annoncé clairement pendant sa campagne. Un programme agressif de soutien à la compétitivité américaine. C'est la guerre des changes mais aussi de façon plus générale, la guerre de la compétitivité.

FRANCE IS BACK

C'est le cri que Macron a poussé à Davos lors de son discours, en anglais of course. Et c'est vrai que la France est de retour. On le perçoit clairement dans la vision des investisseurs étrangers. Et c'est une bonne nouvelle.

BAC IS BACK (super jeu de mots)

Il y aurait donc un oral. Mais il y aurait aussi une part importante, 40%, de contrôle continu. Et une étude de dossiers à la place du rattrapage. Le monde change.

LE CHÔMAGE EN 2017

Pas de baisse du chômage en 2017. 17000 inscrits en moins à Pôle Emploi seulement en 2017. Et 2700 personnes seulement en moins en décembre. On a toujours 3.7 millions de chômeurs de catégorie A. Malgré la reprise de l'économie et le retour de la confiance. On semble être confronté à un problème majeur: l'inadéquation entre l'offre et la demande d'emplois. Des secteurs n'arrivent pas à recruter. Il va falloir sérieusement s'attaquer au sujet de la formation.

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Selon Les Échos, les défaillances d'entreprises sont à leur plus bas niveau depuis 10 ans. Avec une baisse de 4.6%.

DOMINATION AMÉRICAINE ENCORE

Le principal ETF (Exchange Traded Fund, ou Tracker ou fonds indiciel) a passé la barre des 300 milliards de dollars d'encours ! Il a été créé il y a 25 ans pour répliquer le S&P 500. Il s'appelle SPDR S&P 500. Très impressionnant.

LE TTSO DE LA SEMAINE

"Petite mise en perspective salutaire (et remarquable)". Entendons-nous bien, comme vous, nous nous réjouissons des succès macroniens auprès des entreprises et de la communauté économique (la France vient de détrôner les US dans le Top 10 Bloomberg des pays les plus innovants), mais il faut quand même rappeler quelques vérités. C'est ce que fait Dominique Nora dans L'Obs en rapprochant ce à quoi s'est engagé Facebook en France après la visite de sa patronne (Sheryl Sandberg) à l'Elysée lundi (investir 10M€ dans l'Intelligence Artificielle sur 5 ans, soit 2M€/an), et... … ce qu'économise cette même entité française de Facebook en "optimisant" (pour dire les choses gentiment) fiscalement soit, d'après les calculs convaincants de L'Obs, environ 28M€/an (d'impôts non versés au fisc français). A pretty good deal. N'oubliez pas de vous abonner à l'excellente newsletter du soir de TTSO. C'est très simple et c'est ici.

DES QUESTIONS QU'ON NE SE POSAIT PAS AVANT

Quand les fonds en euros rapportaient 4-5%, c'était facile de définir une allocation d'actifs dans son assurance-vie. On mettait une bonne partie, si on avait un profil prudent ou équilibré, dans le fonds en euros, et si on était prêt à prendre un peu de risque, on mettait un peu de fonds actions pour le long terme. Mais les rendement des fonds en euros baissent chaque année et certains fonds rapportent même moins que le Livret A. Quels sont les fonds en euros qui rapportent encore un peu? Comment investir dans son assurance-vie pour essayer de maintenir un rendement de 4-5% annuel ? Ne manquez pas le jeudi 1er février notre conférence à notre agence parisienne (75008) sur les fonds en euros et les alternatives à la baisse des rendements. Je m'inscris à la conférence du 1er février.

DU COTÉ DES MARCHÉS

La clôture a été dispersée à Wall Street. Si le Dow Jones a terminé la séance en petite hausse au niveau record de 26.252 points, le S&P 500 a reculé de 0,06% tandis que Nasdaq s'est contracté de 7.415 points. Le billet vert pâlit suite à la signature mardi d'un décret présidentiel instaurant une hausse des tarifs douaniers sur les lave-linge et les panneaux solaires. L'euro s'envole sur les 1,24 dollar pour la première fois depuis décembre 2014, soutenu par la solidité de l'indice PMI en zone euro et les propos du secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, pour qui la baisse du billet vert est une bonne chose pour le commerce américain. L'once d'or brille dans le sillage de la glissade du dollar à 1364 dollars l'once.

ON S'EN FOUT ?

Hulot a appris comme nous la nouvelle de l'abandon de Notre-Dame-des-Landes ; 2 milliards de photos sont prises chaque jour avec un téléphone mobile ; Suez a révisé ses objectifs de rentabilité et le cours s'est effondré de 16% ; La France est (toujours) inondée ; L'armée recrute massivement, foncez ; La fréquentation des soldes la première semaine a chuté de 14% (Aujourd'hui) ; Les sociétés privées de PV sont déjà déprimées : "On se fait agresser physiquement et verbalement. Des collègues se sont fait arracher la casquette", pas sympa d'arracher les casquettes ; Nana Mouskouri est encore vivante, elle sort un nouveau disque ; Les Français ont passé en moyenne 3h42 par jour devant la télé.

VOILÀ C'EST TOUT. BONNE JOURNÉE. MAY THE FORCE BE WITH YOU.

Edito publié sur MonFinancier.com le 25/01/2018.

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