Entre le prélèvement à la source qui pourrait être repoussé, les cartes grises numérisées qui mettent un temps fou à être délivrées, ou encore le dispositif d'admission pour les étudiants qui fonctionne comme bon lui semble… Les bugs informatiques des projets d'envergure initiés par l'Etat se multiplient. Problème ? Ils coûtent cher, très cher.
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Bourdes de l’Etat : le vrai prix du prélèvement à la source

Les dispositifs qui permettent aux contribuables de gagner du temps et à l’administration fiscale de faire des économies sur le long terme : c’est bien… Enfin, surtout quand ça marche ! Prenons l’exemple du prélèvement à la source. Il a déjà coûté pas moins de 300 millions d’euros rien que pour sa mise en place. Laquelle mise en place a nécessité des mois de travail et une communication extrêmement importante pour que les contribuables français se fassent à cette idée…

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Seulement voilà, même les plus hautes sphères étatiques commencent à appréhender les couacs de sa mise en place prévue, rappelons-le, le 1er janvier 2019. Le risque technique serait tel qu’un possible retour en arrière est désormais envisagé, souligne BFMTV. Le hic tient au fait que, si l’instauration du prélèvement à la source était décalée, la douloureuse passerait de 300 millions d’euros à plus de 325 millions compte tenu des ajustements techniques à effectuer, précise Capital.

Résultat : avant que l’opération ne soit rentable pour tout le monde, il risque bien de se passer des années. En attendant, la douloureuse est tombée.

Bourdes de l’Etat : la carte grise numérique, on en parle ?

Durant des années, il convenait de patienter une dizaine de jours avant de recevoir sa carte grise. Mais cela, c’était avant. Avant quoi ? Avant le lancement, il y a moins d’une année, d’une plateforme en ligne de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS). Son ambition ? Permettre à l’administration de gagner du temps. Le problème, c’est que de multiples bugs informatiques ont mis à mal le dispositif en question. Ainsi, ce passage au numérique a généré un délai d’attente pouvant atteindre les six semaines pour les automobilistes souhaitant obtenir leur carte grise. Et s’il n’y avait qu’elle ! Il en va de même aujourd’hui pour l’obtention d’un permis de conduire. Idem pour ce qui concerne les changements d’adresse ou les cessions de véhicules, poursuit BFM.

En mars dernier, pas moins de 400 000 dossiers étaient en attente de traitement privant autant d’automobilistes d’utiliser le véhicule qu’ils venaient d’acheter. Près d’un an après sa mise en orbite, le site de l’ANTS reste particulièrement lent, tout comme le temps d’attente pour recevoir sa carte grise. Le système continue, lui, à être confronté à de multiples bugs.

Bourdes de l’Etat : l’inscription en fac, un algorithme qui oriente au petit bonheur la chance ?

Sur le papier, l’idée était belle. Elle semblait même rayonnante. Il était question, pour les futurs étudiants, de simplifier leur procédure d’inscription à l’université et d’éviter, dans le même temps, que les premiers arrivés soient les premiers inscrits, indique BFMTV. Pour ce faire, le ministère de l’Education Nationale a souhaité, dès 2009, généraliser un logiciel répondant au nom d’APB pour Admission Post Bac. Jusqu’en 2017, il y avait encore quantité de bugs. Ainsi, en juillet l’année dernière 86 000 bacheliers se retrouvaient sans établissement pour poursuivre leurs études, fin septembre, ils étaient encore 4 000 à ne pas savoir où aller. La nouveauté tient au fait que la CNIL (la Commission nationale de l'informatique et des libertés) a mis en demeure le ministère de l'Enseignement supérieur.

Pour quelle raison ? Afin de lui demander de "cesser de prendre des décisions concernant des personnes sur le seul fondement d'un algorithme et de faire preuve de plus de transparence". La Cour des Comptes, de son côté, a estimé il y a quelques mois que ce dispositif se révélait tout bonnement "incompréhensible". Un dispositif géré, non accessoirement, par l’INP (l'Institut national polytechnique) de Toulouse pour la modique somme de 900 000 euros par an.

Conscient de ces problématiques, le ministère de l'Enseignement, de la Recherche et de l'Innovation a créé en janvier 2018 une plateforme web nommée Parcoursup. Son but ? Mieux recueillir et mieux gérer les voeux d'affectations des futurs étudiants. Sauf que là encore, les déconvenues se sont multipliées. Elles se sont même décuplées pour des dizaines de milliers de bacheliers. Lesquels se sont retrouvés sans affectation jusqu'à mercredi 5 septembre.

Clairement, leurs premiers pas dans l'enseignement ont été semés d'embuches et ils sont nombreux à avoir attendu tout l'été pour voir leur destination estudiantine se dessiner précisément.

Fin juillet 2018, près de 60 000 candidats se trouvaient toujours sans aucune proposition. Quant aux futurs étudiants ayant déjà obtenu une formation mais en liste d'attente concernant d'autres voeux, ils étaient, souligne Le Monde, encore  130 000 à se demander ce qu'il adviendrait de leur avenir fin juillet, et encore 73 000 le 4 septembre 2018.

En vidéo - Prélèvement à la source - "Arrêtons de tergiverser, faisons-le !"

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