Malgré l'interdiction des regroupements de plus de dix personnes, de nombreux rassemblements ont eu lieu à Paris, Nantes ou Nancy. Des débordements qui ont entraîné des évacuations et des heurts avec les forces de l'ordre.
Fête de la musique 2021 : Roselyne Bachelot condamne les débordements et violences
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Fête de la musique 2021 : débordements et évacuations violentes 

La Fête de la musique 2021 a mal fini à Paris, Nantes et Annecy.  Alors que le gouvernement avait acté la fin du couvre feu et du port du masque en extérieur, des centaines de jeunes se sont réunis pour une fête "Projet X" à Paris. Ils étaient aussi plusieurs centaines à Montmartre à vouloir fêter la musique sans distanciation sociale et au mépris de l'interdiction des rassemblements de plus de dix personnes. Des concerts improvisés ont aussi eu lieu place de l’Hôtel de Ville ou encore sur les quais de Seine. Sur la place de la République, la situation s’est tendue lors de l’évacuation des lieux. Des gaz lacrymogènes ont été utilisés par les forces de l'ordre et des jets de projectiles ont été constatés. 

À Nantes, la Fête de la musique a également rapidement dégénéré. Après une marche pacifique en hommage à Steve Maia Caniço, mort noyé dans la Loire durant une intervention policière lors de la Fête de la musique en 2019, un autre rassemblement en son honneur s'est tenu dans la soirée. Un évènement qui s'est vite transformé en une free party autour d’une centaine de personnes. Des heurts ont éclaté entre les fêtards et les forces de l’ordre qui ont utilisé des gaz lacrymogènes.

Selon France Bleu, des affrontements entre fêtards et forces de l'ordre ont également éclaté en fin de soirée à Annecy alors que des rassemblements interdits avaient lieu dans le centre-ville. Des heurts entre la police et les fêtards sont survenus vers 22h15 après des attroupements en bordure du lac. Au moins quatre personnes ont été interpellées pour violences envers les forces de l’ordre.

Roselyne Bachelot appelle "à la responsabilité"

Des débordements condamnés ce mardi 22 juin par Roselyne Bachelot sur BFMTV. "Il y a eu des débordements, on s'y attendait sans doute", a reconnu la ministre. "C'est sûr, on a lâché les freins, mais il y a encore des règles sanitaires à observer. J'en appelle vraiment à la responsabilité des uns et des autres. La pandémie est toujours là. Il faut être dans une démarche prudentielle", a-t-elle rappelé avec fermeté. Face aux évacuations violentes des forces de l'ordre, la ministre assure que le gouvernement "a fait preuve d'une grande mansuétude et des consignes avaient été données". 

 

Fête de la musique 2021 : quel protocole sanitaire ?

"La Fête de la musique se tiendra bien le 21 juin". C'est ce qu'avait annoncé Roselyne Bachelot ce mercredi 12 mai sur France Inter. La ministre de la Culture avait précisé que malgré la crise sanitaire, l'évènement serait célébré sans pass sanitaire car "c'est logistiquement impossible". "On est en train de travailler avec le ministère de l'Intérieur pour déployer des mesures de sécurité, mais il ne sera pas utile de présenter un pass sanitaire", avait détaillé Roselyne Bachelot.

On connaît désormais le protocole sanitaire et ce qu'avait dit la ministre est faux puisque le pass sanitaire s’appliquera pour tout spectacle organisé dans un ERP ou dans un lieu ouvert au public dont la jauge de public dépasse les 1 000 spectateurs.

Il faudra attendre après le 21 juin pour la bamboche. Le ministère de la Culture a révélé le protocole sanitaire applicable pour la Fête de la musique ce lundi 7 juin et les groupes de musiques à tous les coins de rues, ce ne sera toujours pas pour cette année.

En effet, une des mesures les plus restrictives est l'interdiction "des concerts impromptus des musiciens, notamment amateurs sur la voie publique" afin de ne pas créer de rassemblements. Le protocole communiqué par le ministère précise que même si la "Fête de la musique est un événement populaire", dont l'un des principes fondateurs est "la spontanéité", cette édition 2021 devra toujours "préserver la sécurité de tous" et "être adaptée à la situation sanitaire actuelle".

C'est pour cela qu'outre les concerts, les rassemblements dans la rue seront limités à dix personnes. Sont également prohibés "les concerts dans les bars et restaurants dès lors qu’ils sont susceptibles d’engendrer des regroupements sur la voie publique et d’accroître les risques de contamination en intérieur".

Les préfets pourront ainsi, s'ils le jugent nécessaire, les interdire en prenant des arrêtés. S'ils ne sont ni dans la rue ni dans les bars et restaurants, où se tiendront donc les concerts ? Selon le protocole du ministère de la Culture, ce sera uniquement dans des ERP (établissements recevant du public tels que les salles de spectacle ou les auditoriums) "avec un public assis et dans le respect des plafonds de jauge et des modalités de distanciation".

La jauge maximale autorisée pour les ERP en salle ou en plein air correspondra à 65% de la jauge sécurité incendie dans la limite de 5 000 spectateurs et le pass sanitaire sera exigé pour tout ERP accueillant plus de 1000 spectateurs. Les concerts devront donc se faire avec un public assis "afin de faciliter la gestion de flux et éviter regroupements et attroupements".

Par ailleurs, le masque ne sera donc plus obligatoire en extérieur, comme c'est le cas depuis le 17 juin, et le couvre-feu, fixé à 23 heures jusqu'au 30 juin initialement, ne sera pas imposé puisqu'il a été levé depuis le 20 juin dernier. Une décision qui vient contredire ce qu'avait annoncé le ministère qui avait assuré qu'"aucune dérogation ou tolérance n’est prévue le soir de la Fête de la musique". 

Que regarder à la télévision pour la Fête de la musique ?

Avec les concerts qui se feront rare avec l'interdiction des représentations dans les rues, France 2 vous propose de célébrer Les 40 ans des années 80 en compagnie de Garou et Laury Thilleman, le duo phare des soirées musicales sur le service public. Pour célébrer cette décennie au rythme des tubes des plus grands tubes de votre jeunesse, c’est sur le court Philippe-Chatrier à Roland-Garros qu’aura lieu en direct la grande soirée dansante.

 À l’occasion de ce rendez-vous musical très attendu, 4 000 spectateurs seront à la fête et vont assister aux prestations d’une quarantaine d'artistes comme Vianney, Clara Luciani, Benjamin Biolay ou encore Kendji Girac. De quoi permettre aux Français de retrouver le rythme dans la peau avant de réinvestir les salles de concerts et bientôt les boites de nuit, à compter du 9 juillet prochain.

Pour les amoureux de comédie musicale, France 4 rediffuse le spectacle Enchantée de Marie Oppert sur la scène de l'Opéra-Comique à Paris. Pour l’occasion, la jeune chanteuse va s’approprier les grands classiques du genre musical, en réinterprétant des œuvres comme Un Américain à Paris, Cendrillon, mais aussi Les Parapluies de Cherbourg ou encore Mary Poppins.

Fête de la musique : histoire de sa création

Pour rappel, la Fête de la musique a été créée en 1981 par Jack Lang, à l'époque ministre de la Culture. La date du 21 juin a été choisie parce qu'elle coïncide avec le solstice d'été, jour le plus long de l'année qui permet de festoyer jusqu'à l'aube.

"Il fallait un événement qui permette de mesurer quelle place occupait la musique dans la vie individuelle et collective. Un mouvement spectaculaire de prise de conscience, un élan spontané pour alerter l’opinion et peut-être aussi... la classe politique. C’est pourquoi le ministère de la Culture a eu l’idée d’organiser une Fête de la musique en 1982. Une fête non-directive, qui rassemble tous les Français pour qui la musique compte", expliquait à Télérama Maurice Fleuret, nommé directeur de la musique et de la danse par Jack Lang, en juin 1983.  

Quand a été lancée sa première édition ?

La Fête de la musique et ainsi créée gratuite et ouverte à toutes les musiques.  Le but est de mettre en place une grande manifestation populaire qui permette à tous les musiciens de s’exprimer et de se faire connaître. Tous les styles de musique ont leur place et les musiciens amateurs sont invités à se produire bénévolement dans les rues et espaces publics dans une grande fête populaire.

La première Fête de la Musique sera lancée le 21 juin 1982. En moins de dix ans, elle est reprise dans quatre-vingt-cinq pays, sur les cinq continents. Face au succès, un timbre de poste lui est même consacré en 1998. "J’avais inventé cet événement pour qu’il soit synonyme de paix, d’amour et de lumière", confiait l'année dernière Jack Lang, après la disparition tragique de Steve Maia Caniço, mort noyé lors d'une intervention policière à Nantes le 21 juin 2019.

En 2017, plus de 120 pays dans le monde participaient à la Fête de la musique.

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