"Qui est riche et qui est pauvre en France ?" C'est la question que s'est posée l'Observatoire des inégalités qui a établi un classement des tranches de populations en fonction de leurs revenus mensuels. 

L’Observatoire des inégalités a publié au début du mois les conclusions de son étude portant sur les écarts de niveaux de vie en France. Obtenues à partir des déclarations d’impôts de l’année 2011 fournies par l’Insee, ces données nous permettent de dresser le tableau des inégalités sociales.

Avec quel niveau est-on en dessous du seuil de pauvreté ?

Même si cela dépend du type de ménage (seul, en couple, sans enfants etc.), sont considérées comme en dessous du seuil de pauvreté les personnes qui vivent avec un revenu inférieur de 50% au revenu médian de sa catégorie.

Ainsi, une personne seule vivant avec moins de 729 euros nets mensuels est comptée "en dessous du seuil de pauvreté" dans la mesure où le revenu médian pour un(e) célibataire est de 1 458 euros nets. Donc, le seuil de pauvreté pour un couple sans enfants est plafonné à 1.423 euros et à 1.884 pour un couple avec trois enfants par exemple.

L’Observatoire des inégalités précise, "il ne s’agit pas du seuil de pauvreté officiel de l’Insee" qui considère que celui-ci s’élève à 60%, et non 50%, du revenu médian. Selon d’autres travaux de l’Observatoire, cette situation concerne 4.9 millions de Français.

Classes populaires et classes moyennes

L’étude distingue les catégories "populaires" et les "classes moyennes". Sont considérés comme appartenant à la première catégorie ceux qui perçoivent maximum 30% de moins que le revenu médian. Ainsi une personne seule gagnant 1.183 euros nets mensuels, "environ le niveau du Smic pour un temps plein", appartient à cette catégorie tout comme les couples avec deux enfants percevant 3.001 euros. "Pauvres" et "populaires" additionnés représentent 30% de la population française.

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Les revenus des classes moyennes se situent entre le salaire maximum des classes populaires (soit 30% inférieur au revenu médian) et celui minimum des classes "aisées" (soit 20% de plus que le salaire référence). Il s’agit donc d’une fourchette très large qui peut aller de 1.184 euros à 2.177 pour une personne seule. Le revenu médian pour un célibataire est de 1.423 euros.

Cet ensemble hétérogène forme donc une catégorie intermédiaire représentant 50% de la population (puisque se situant entre les 30% de pauvres et les 20% de riches). Font par exemple partie de cette population les couples avec deux enfants gagnant entre 3.122 euros et 5.567 euros mensuels. Vaste tranche donc.

Aisés et riches

Sont comptés parmi les "aisés", ceux qui ont un revenu supérieur de 20% au revenu médian. Donc, un célibataire qui gagne 2.177 euros mensuels ou un couple avec deux enfants comptant plus de 5.567 euros par mois. Comme le précise l’étude : "avec 3.000 euros de niveau de vie par mois après impôts, un célibataire vit bien mieux que le reste de la population, il est objectivement à l’aise. Mais il ne gagne tout aussi objectivement pas grand-chose s’il se compare aux 1 % les plus riches : les inégalités sont grandes au sein des tranches supérieures".

Ainsi, les riches sont ceux qui, d’après l’étude, gagnent plus du double du revenu médian. Cela représente donc plus de 2.917 euros nets pour un célibataire ou bien 7.535 euros nets pour un couple avec trois enfants. En revanche, il ne s’agit pas exactement d’un "seuil de richesse" strict dans la mesure où l’on ne peut pas comparer un patron du Cac 40 avec un cadre supérieur célibataire affichant un salaire de 3.000 euros.

En revanche, cette indication montre que, par rapport au reste de la population, ce même cadre supérieur peut être considéré comme "riche"

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