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Les conséquences pour le FMI et la politique française

Les conséquences pour le FMI et la politique françaiseEn France, l'arrestation et l'inculpation de DSK sonne comme une très mauvaise nouvelle pour le PS. Le seul candidat du parti qui, selon les sondages, semblait pouvoir battre Nicolas Sarkozy à coup sûr (s'il se représente) est désormais, on peut le dire, sorti de la course.

Cependant, François Hollande pourrait être celui à qui profitera le plus cette défection. En effet, dans les sondages, c'est lui, après DSK, que les Français souhait(ai)ent voir représenter le PS. Justement, un sondage du Parisien réalisé les 15 et 16 mai dernier montre clairement cette tendance.

Les choses pourraient aussi changer pour Martine Aubry. DSK et la première secrétaire du PS s'étaient mis d'accord par un pacte selon lequel seul le candidat le mieux placé pour gagner se présenterait aux primaires. Jusqu'ici, il semblait évident que Martine Aubry ne se présenterait donc pas, mais, si DSK hors jeu, elle pourrait le faire.

Et pour les autres partis ?Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'inculpation de DSK n'est pas une si bonne nouvelle que ça pour Nicolas Sarkozy. En effet, il semblait presque acquis que le candidat PS serait DSK, et pour l'Elysée, il s'agissait d'un candidat avec des failles : un côté bling-bling peut-être dérangeant, une réputation de séducteur... Des aspects de DSK que les proches de Nicolas Sarkozy auraient pu attaquer.

Pour Marine Le Pen, la nouvelle n'est pas mauvaise, au contraire : elle reste peut-être l'une des alternatives les plus envisageables face à Nicolas Sarkozy.

Au centre, la mise à l'écart de DSK pourrait également être favorable. En effet, l'ancien patron du FMI est plutôt marqué à droite de la gauche, donc assez proche du centre. Si le candidat PS s'oriente beaucoup plus à gauche, cette frange de la population pourrait se tourner vers le(s) candidat(s) du centre.

La démission de DSKDès dimanche, le Fonds Monétaire International a affirmé que l'inculpation de Dominique Strauss-Kahn ne l'empêcherait de fonctionner. Comme cela est prévu par les statuts du FMI, John Lipsky, le numéro 2 de l'organisation, a assuré l'intérim en attendant que la situation s'éclaircisse un peu. Finalement, Dominique Strauss-Kahn a donné sa démission jeudi 19 mai. Ne cachons pas que cela tombe à un mauvais moment.

Dominique Strauss-Kahn devait en effet assister à plusieurs réunions ces prochains jours pour discuter d'un possible second plan pour sauver la Grèce. DSK lui-même avait beaucoup donné pour que le FMI et l'Union Européenne apportent une aide conjointe. D'ici quelques jours, DSK devait aussi participer activement au G8 organisé à Deauville. Une absence qui risque de bouleverser quelque peu l'organisation du sommet.

Dans le monde financier, on sait déjà qu'après sa démission, il ne sera pas remplacé par un Européen. On s'y attendait déjà, avec une volonté des pays émergents d'y voir l'un de leurs représentants, mais on murmurait tout de même le nom de Christine Lagarde comme potentielle remplaçante de DSK. Aujourd'hui, on sait que les Américains ne feront pas de cadeaux aux Européens.

De toutes façons, beaucoup s'accordent à dire que même blanchi, si Dominique Strauss-Kahn devait revenir à son poste, il n'aurait plus la même autorité sur ses collaborateurs.

© MaxPPP

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