Donald Trump a décidé de reporter l'application de la taxe sur les exportations d'acier et d'aluminium de l'Union européenne vers les États-Unis. Une manière, encore, de mettre la pression sur l'Europe pour négocier des concessions.

L'ART DE LA NÉGOCIATION

C'est bien sûr le jeu de Donald Trump depuis le début. Négocier à l'aide du bâton. Et on peut dire que l'Europe se révèle un adversaire coriace, ne cédant rien et obligeant les États-Unis à décaler d'un mois leur deadline. La Maison-Blanche souhaite maintenant négocier des quotas pour limiter les importations. Et l'Union européenne pourrait finir par céder.

L'UNITÉ À RUDE ÉPREUVE

Pour l'instant l'Union européenne, et notamment l'axe franco-allemand, affiche la même volonté face au projet de taxes américaines. Paris et Berlin veulent d'abord obtenir une exemption durable, pour négocier sans épée de Damoclès au-dessus de la tête. Mais en réalité, les positions des deux pays divergent. L'Allemagne, qui souffrirait le plus de la mise en place de ces taxes, veut négocier, alors que la France veut rester ferme. L'Union européenne va avoir du mal à garder une position commune, et Trump le sait très bien.

L'AUTRE DEADLINE

Donald Trump aime négocier à l'aide de deadlines. C'est dans dix jours, le 12 mai, qu'il va délivrer son verdict sur l'accord sur le nucléaire iranien. Les autres pays signataires, la France en tête, se battent pour conserver la base de l'accord existant. Pendant ce temps, Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a dévoilé des preuves "concluantes" d'un programme iranien secret, mais aucun élément nouveau, selon de nombreux experts

DIVERGENCES DES LUTTES

De violents heurts ont perturbé le traditionnel défilé du 1er mai. Plus d'un millier de personnes se revendiquant du mouvement "Black blocs", positionnés en tête du cortège syndical, sont accusés de violences et de dégradations. Si les divers leaders politiques ont condamné les violences, les extrêmes eux se renvoient la balle. Jean-Luc Mélenchon accuse "des bandes extrême droite" d'avoir semé le trouble tandis que pour Marine Le Pen, ces violences sont le fait de "milices d'extrême gauche".

VOTRE ARGENT DU JOUR

Trop prudents et trop moutons. Selon un sondage pour les Échos, 55 % des épargnants français privilégient la sécurité pour leurs placements et seulement 15 % la performance. Il y a une vraie singularité française flagrante lorsqu'on compare avec les autres pays où les épargnants ont beaucoup moins peur de prendre des risques. Autre singularité, le lien, très fort, entre le niveau des marchés boursiers et la collecte brute en unités de comptes. Plus les marchés boursiers sont hauts, plus la collecte est forte et inversement. Ce qui signifie que vous achetez les actions quand elles sont très chères et que vous les évitez quand elles sont au plus bas. Quand faut-il acheter des actions ? Lisez notre dossier sur le temps boursier

FACEBOOK ET LES RENCONTRES

Facebook va se lancer sur le marché des sites de rencontre avec une plate-forme destinée à "construire des relations authentiques et durables" Les utilisateurs pourront créer gratuitement leur profil et des partenaires potentiels leur seront proposés sur la base des données renseignées. Pas sûr que les utilisateurs soient prêts à se dévoiler après l'affaire Cambridge Analytica.

TWITTER AUSSI

Après Facebook, c'est au tour de Twitter d'être pris dans le scandale Cambridge Analytica. Des données de comptes Twitter auraient été exploités, entre décembre 2014 et avril 2015, par l'entreprise GSR par laquelle est passée Cambridge Analytica pour récupérer les données d'utilisateurs Facebook.

MAUVAISE NOTE

Gibson, le célèbre fabricant de guitares s'est placé sous la protection du Chapitre 11, étranglé par une dette d'une centaine de millions de dollars. Le groupe paie cash sa tentative de diversification dans les systèmes audio grand public. Gibson qui faisait face à une échéance de dette cruciale, avec 375 millions de dollars d'obligations à rembourser ou refinancer le 1er août, est parvenu à conclure un accord avec deux tiers d'entre eux mardi.

DU CÔTÉ DES MARCHÉS

Wall Street a commencé le mois en ordre dispersé, les marchés américains sont sur la réserve avant la publication de la décision monétaire de la Réserve fédérale. Le Dow Jones a clôturé en baisse de 0,27% à 24.0993 points, le S&P 500 termine en hausse de 0,26% à 2.654 points tandis que le Nasdaq a rebondi de 0,91% à 7.130 points, grâce aux bons résultats d'Apple. À Tokyo, le Nikkei s'inscrit en légère baisse de 0,16% à 22.472,78 points, le repli du yen face au dollar a permis de limiter les pertes. Du côté des changes, le dollar est au plus haut de quatre mois sur les anticipations d'un rythme de hausse de taux plus marqué que prévu. L'euro est à 1,2017 dollar.

PROTECTION ET PME

De nouvelles règles très strictes en matière de données personnelles entrent en vigueur le 25 mai. Regroupées dans le RGPD, le règlement général pour la protection des données, ces règles s'appliquent dans toute l'Union européenne et vont notamment obliger à plus de transparence sur l'usage fait des données personnelles. Or, selon la Confédération des PME, beaucoup de petites et moyennes entreprises ne sont pas prêtes, soit parce qu'elles ne comprennent pas bien la réforme ou parce qu'elles ne se sentent pas concernées. Les associations patronales espèrent que la CNIL sera clémente les premiers mois, le temps de la mise en place.

Edito publié par Gauthier Maës sur MonFinancier.com le 02/05/2018.