Le doyen de la Résistance est décédé à l'âge de 108 ans.

Georges Loinger : il s’évade de prison pour sauver des enfants

À 108 ans, l’exceptionnel résistant s’est éteint vendredi 28 décembre. Derrière l’histoire de ce grand homme se raconte aussi celle de la Seconde Guerre mondiale. Gérard Loinger est né à Strasbourg (Bas-Rhin) en 1910 dans une famille juive orthodoxe. D’abord engagé comme soldat, celui qui est devenu le doyen de la Résistance a sauvé de nombreux enfants des griffes du nazisme. En 1940, alors qu’il était prisonnier de guerre en Bavière, il reçoit une lettre de sa femme. Celle-ci dirigeait une maison accueillant 125 enfants juifs allemands. Tous leurs parents avaient été arrêtés en 1938. Georges Loinger parvient à s’évader et rejoint son épouse, réfugiée à La Bourboule dans le Puy-de-Dôme. Ensemble, ils dispersent les enfants pour les protéger, dans des maisons de l’Œuvre de Secours aux Enfants (OSE) puis dans des familles ou institutions.

Un héros de la Résistance

Après ces 125 enfants sauvés, Georges Loinger poursuit sa mission. Entre 1942 et 1944, il s’engage dans le réseau Garel, du nom de son créateur. Il fait passer quelque 350 enfants en Suisse depuis Annemasse, une commune de Haute-Savoie. Pour les sauver, ceux-ci étaient amenés sous couvert d’une colonie de vacances. Titulaire de la médaille de la Résistance et de la Croix de Guerre, il a présidé l’Association de la Résistance juive de France (ARJF). En 2005, interrogé sur ses actions pendant la guerre, il a humblement répondu qu’il avait fait « ce qu’il avait à faire ».

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Après la guerre, il a aidé au passage des rescapés du nazisme en Palestine et joué un grand rôle dans l’affaire de l’Exodus quand le bateau, transportant des réfugiés juifs, a fait escale en France. Il a écrit de nombreux livres racontant son histoire comme L'odyssée d'un résistant: témoignage d'un centenaire, enfant d'Alsace. Georges Loinger, homme de cœur avait aussi participé à la création de la Fraternité d’Abraham, en faveur du rapprochement des trois religions monothéistes. Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a ainsi rendu hommage à "ce combattant qui fait figure d’exemple pour le peuple juif et pour la France".

À voir en vidéo - Des enfants réfugiés du nazisme