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Coronavirus : "On a tous une responsabilité individuelle et collective"

Les outils mis en place sont-ils efficaces ?

Pascal Crépey : Les outils qui sont mis en place aujourd’hui pour lutter contre cette épidémie fonctionnent et permettent de limiter la remontée de la vague épidémique. Néanmoins, parce que ce R effectif est supérieur à un, toutes ces mesures ne permettent pas de contrôler l’épidémie. Pour qu’elle soit contrôlée, il faut qu’il soit inférieur à un. C’est pour cette raison que certains, à l’échelle locale, imposent de nouvelles mesures, qui ne sont pas toujours bien comprises car on est loin de la situation du mois de mars.

Aujourd’hui, on est en mesure d’avoir des indicateurs relativement précoses. On voit le nombre de contaminations augmenter, il faut plutôt s’en féliciter et se dire qu’on a des voyants qui sont en train de passer au rouge elles aussi, donc qu'il est temps de prendre des mesures pour éviter des conséquences plus graves, comme les hospitalisations et les réanimations. Si ces indicateurs passent au rouge alors on sera forcé d’appliquer des mesures fortes et contraignantes, tel qu’un reconfinement au moins local.

Comment expliquer l’augmentation des cas cet été ? Est-ce vraiment la faute "des jeunes" ?

Pascal Crépey : Dans cette crise on a tous une responsabilité individuelle et collective vis-à-vis de la dynamique de l’épidémie. Le problème ne va pas être posé selon des termes jeunes contre moins jeunes, plus selon des termes de "comportements à risque" ou "comportements responsables". Ça, c’est indépendant de l’âge. Le débat jeunes et pas jeunes n’est pas le bon débat. Ce n’est pas parce qu’on est jeune qu’on est responsable d’une reprise de l’épidémie. Ce qui reste vrai d’un point de vue épidémiologique : les personnes jeunes sont en très grande majorité moins à risque de faire des formes graves donc ça peut donner à certains l’impression de ne pas être concernés par cette épidémie et donc ça peut démobiliser une partie de la population vis-à-vis des mesures qui peuvent être assez contraignantes, comme le port du masque.

Ce qu’il faut bien comprendre c’est que nous sommes un peu dans le même bateau vis-à-vis de ce virus et qu’il est impossible ou utopique d’imaginer que l’on pourrait isoler de façon totalement étanche les personnes qui sont à risque de faire des formes graves de celles qui ne feront que des formes légères ou n'auront aucun symptomes de la maladie. Simplement parce que les plus de 65 ans c’est au moins 20 millions de personnes en France et qu’on ne peut pas isoler 20 millions de personnes et que ces personnes ont aussi besoin d’avoir des contacts.

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