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Que vous décidiez de partir ou non cet été, les arnaques dont vous pourriez être victime sont nombreuses. Restez extrêmement vigilants.
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Arnaque : tous les pièges qui vous guettent cet été

Depuis le 21 juin, c’est officiellement l’été ! Et avec lui arrivent notamment les vacances, mais pas que. En effet, c’est aussi une saison redoutable, en termes d’arnaques. Escrocs, voyagistes malhonnêtes, hôtels peu scrupuleux… Les pièges sont nombreux.

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Avant de partir, déjà les risques sont considérables. Certains comparateurs de prix ou fausses bonnes affaires pourraient vous induire en erreur. Une fois sur place, que vous ayez opté pour un voyage à l’étranger ou dans l’Hexagone, il y a la encore plus choses à savoir. Prêtez particulièrement attention aux devises employées dans le pays que vous visitez si vous avez choisi de passer les frontières françaises, par exemple.

Toutefois, toutes les escroqueries de l’été ne tournent pas forcément autour des vacances. Même si vous décidez de ne pas partir – ou n’êtes pas en mesure de le faire – il est important de rester vigilant. Petit tour d’horizon des principales menaces et fraudes qui pèsent sur votre portefeuille cet été.

Avant le départ : les pièges de la réservation de billets en ligne

Le développement du e-commerce présente de nombreux avantages… Pour qui reste prudent. Pendant l’achat de votre billets d’avion, les pièges sont nombreux, comme le rappelle Capital.

Certaines compagnies proposent des offres très intéressantes, qui ne sont en fait que des façades. Il jouent sur les différences légales entre la France et les pays étrangers où sont basés les grands groupes du secteur pour pouvoir masquer les frais de paiement par carte bancaire. Un trajet dont le prix affiché est de 25 euros pourrait finalement vous coûter 60.14 euros…

Et ce n’est pas tout. Certains opérateurs multiplient les erreurs de saisie pour vous obliger à racheter un billet surtaxé, au dernier moment. Pensez à faire des captures d’écran de vos commandes, insiste le mensuel. Méfiez-vous aussi des annulations surprises, qui ne sont pas systématiquement remboursées et qui, là encore, contraignent les victimes à racheter un billet quelques instants avant le départ. 

Certains opérateurs sont plus sournois encore : en jouant la carte de la session expirée pendant la transaction, ils parviennent à la débiter plusieurs fois. Vous vous retrouvez donc à payer une, deux, trois voir quatre fois le même billet. L’agence affiche un message d’erreur de transaction ou envoie un e-mail, indiquant que le paiement à échoué et vous invite à réitérer votre achat. C’est très souvent une entourloupe.

Avant le départ : attention aux arnaques aux locations

Pour vos vacances, vous souhaitez partir à l’étranger, ou au moins louer un local. Excellente idée ! Mais restez vigilant : il n’est pas rare que certains propriétaires enjolivent, quand ils ne mentent pas tout simplement. Certains appartements à louer n’existent pas, d’autres ne correspondent en rien à vos attentes ou aux photos supposés les décrire. Parfois, ils sont même déjà occupés !

Pour mieux lutter contre ces fraudes, le ministère de l’Intérieur a créer un site visant à recencer les arnaques sur Internet. Il est accessible en suivant ce lien.

Toutefois, la meilleure protection reste la prudence, assure RTL  qui multiplie les conseils pour un départ serein en vacance. D’abord, faites attentions aux tarifs trop attractifs. Ils sont rarement signe de bonne affaire, estime la radio. Un tarif démesurément bas masque souvent un vice-caché ou une arnaque. Ensuite, si vous le pouvez, enquêtez sur le bien qui vous intéresse et tacher d’identifier le bailleur. Vous pouvez commencer par vous assurer que les photo de l’annonce n’ont pas déjà été publiée ailleurs sur le web, par exemple. Lorsque vous discuterez avec le bailleur, questionnez-le. Il doit pouvoir être en mesure de répondre à des questions simples sur son bien. 

Pensez aussi à passer par une plateforme sécurisée. Les commentaires des internautes fournissent une information utile sur ce sujet. Conformément à la loi, vous devez établir un contrat de location avec le bailleur. Il impose un état descriptif du bien loué et il vous permettra d’établir les possibles non-conformités que vous rencontrerez.

Avant le départ : les séjours "tout-compris", une arnaque ?

L’offre peut sembler alléchante. Un seul tarif, généralement très faible, pour bénéficier d’une ribambelle de services : vol, hôtel et même, parfois, petit-déjeuner. Le tout pour un séjour de plusieurs jours. Les formules "tout-compris" présentent, au moins en apparence, de nombreux avantages. En pratique… Ils sont parfois plus difficiles à voir.

Comme le dévoilait Capital  de telles formules sont souvent plébiscitées par les familles et les couples dont les budgets sont un peu serrés. Ces offres auraient même fait le succès de nombreux voyagistes low-cost. "Ils s’engagent auprès des hôteliers et des compagnies aériennes sur de gros volumes et pour de longues durées", expliquait Jean-Pierre Nadir, P-DG du comparateur en ligne EasyVoyage. C’est ainsi qu’ils peuvent assurer des prix aussi cassés.

Une partie considérable des clients reviennent cependant très déçus. Notamment parce que certains voyagistes n’hésitent pas à donner dans la publicité mensongère, ou presque. Capital donne l’exemple d’un voyage réservé par sa rédaction : une escapade de quatre jours sur la Costa Brava. 300 euros, avec vol, hôtel et petits-déjeuners compris. L’offre promet un hôtel "trois étoiles", "idéalement situé pour des vacances inoubliables". Egalement au programme la fameuse "cuisine méditerranéenne". Pourtant, en vérité, le séjour est loin d’être aussi agréable que promis.

Situé près d’une ligne de chemin de fer, les bruits des trains de banlieue ont rythmé leur voyage de 5h30 à 0h30. La cuisine était composée de "produits industriels surgelés insipides". Sans compter les trajets, particulièrement complexes : "réveil à 4 heures du matin un dimanche pour un départ à Orly à 6h55. Arrivés à l’aéroport de Barcelone une et demi plus tard, surprise : ‘Nous devons attendre les passagers d’un autre vol avant de vous emmener à votre hôtel’ (…). Résultat : une arrivée en car trois heures et demie plus tard, puis deux heures d’attente avant de pouvoir procéder au check-in de la chambre", écrit le mensuel. Le retour a été pire encore. Selon eux, toutes ces pratiques sont courantes.

Une fois sur place : l’arnaque aux devises hors-cours

De plus en plus de touristes Français en sont victimes. Récemment, c’est un bureau de change de Tours qui a alerté sur la situation. L’agent de change de la boutique, Laurent Charbonnier a confié son désarroi aux journalistes du quotidien régional La Nouvelle République : il voit défiler des clients qui ont tous été floués de la même façon.

Partis en voyage à l’étranger, le plus souvent en Europe de l’Est, ils récupèrent lors de leur séjour des devises qu’ils ne connaissent pas. Souvent, ils se laissent impressionner par les coupures : l’escroc leur présente des billets d’une valeur de 500 forints hongrois ou de 2 000 lei roumains. "Inconsciemment, les grands nombres inscrits sur les billets laissent flairer la bonne affaire", explique Laurent Charbonnier. D’autant plus que les coupures font illusion : elles sont plastifiées, comme c’est le cas dans de nombreux pays, souligne l’agent de change.

Vous pouvez être amené à en récupérer pendant votre séjour, au cours de vos transactions… Ou en prêtant main-forte à des escrocs. Bien souvent, ces derniers se font passer pour des voyageurs en panne sur le bord de la route. "Une voiture est garée sur le bas-côté d’une départementale. Son propriétaire prétexte une panne et demande à qui veut bien s’arrêter de lui avancer un plein d’essence, dans une station quelques kilomètres", indique Laurent Charbonnier, cité par Planet. L’escroc dédommage ensuite sa victime à l’aide d’une monnaie hors-cours… qui ne vaut donc plus rien. "70% des clients qui nous ramènent des billets roumains ou hongrois sont des clients français de retour de voyage", confie l’agent de change. Cela semble peut-être évident, mais au vu du nombre de victimes en augmentation, renseignez-vous sur les devises des pays que vous comptez visiter.

Une fois sur place : gare aux contrefaçons

En voyage, c’est sans doute l’une des arnaques les plus récurrentes. Elle touche tout type de produits, des cosmétiques à la parfumerie en passant par la mode, les produits technologiques, les denrées alimentaires et même les médicaments.

Souvent, ce sont des produits de marque qui sont contrefaits : fausse montre Rollex, faux maillot de football… Les exemples sont légions et les prix cassés. Si l’offre peut sembler attirante, n’oubliez pas que le produit est très souvent faux. En conséquence, les finitions sont moins bonnes, la qualité générale n’est pas au rendez-vous et parfois vous pouvez même vous mettre en danger. Certes, avec de simple vêtements vous ne risquez pas grand-chose, mais les médicaments contrefaits présentent parfois des substances toxiques et entraîner des effets indésirables majeurs.

En outre, en plus d’avoir été victime de cette escroquerie, vous risquez bien d’être sanctionné par la douane à votre retour en France, comme l’explique Planet. Acheter des produits contrefaits constitue un délit douanier au sein de l’Union Européenne. En théorie, vous pouvez même finir en prison.

En pratique, pas besoin de quitter le sol français pour tomber sur des contrefaçons, comme l’explique Capital. De plus en plus de marchés d’été, qui prétendent vendre des produits du terroir, commercialisent en vérité des faux. Des huiles espagnoles sont déguisées en huiles provençales et sont donc vendus plus chères, du saucisson industriel est présenté comme de la charcuterie artisanale… Un mot : restez méfiant. Un joli flacon et un accent chantant n’est pas toujours un bon indicateur de la provenance d’un produit.

Vous ne partez pas : gare à l'arnaque aux travaux

Cette année, vous ne souhaitez pas partir. Vous préférez plutôt, comme les Macron, faire construire une piscine dans votre jardin. C’est une idée qui se tient ! Mais soyez vigilants. Encore récemment, des Français ont été victimes d’une vaste arnaque aux travaux. Tout s’est passé à Lussac-les-Châteaux, comme l’explique le quotidien régional La Nouvelle République.

Un escroc de 32 ans a été déféré au parquet puis mis en examen pour différentes types d’escroquerie. Auprès de ses victimes, il se faisait passer pour le patron d’une société de travaux.

Problème : les sociétés étaient fantômes et les travaux aussi. "Il commençait des travaux, il encaissait l’acompte et après ils ne le revoyaient plus", explique à nos confrères une source "proche du dossier". Au total, le préjudice estimé monte jusqu’à 44 000 euros. Il trouvait ses victimes via des annonces mises en ligne sur Le Bon Coin, notamment.