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Que se serait-il passé en France si la réforme des retraites était en vigueur ?

Frédéric Farah. Si la réforme des retraites existait aujourd’hui avec le conseil de la règle d’or, l’effet sur les retraites serait catastrophique. Car l’idée est, qu’en cas de choc économique, l’ajustement doit se faire sur les pensions, pour maintenir le système à l’équilibre.

Ce serait donc la double mort pour les retraités : en plus d’être plus vulnérables à l’épidémie, les personnes âgées auraient vu leur pension chuter.

Comment endiguer cette crise ?

Frédéric Farah. La réponse qui pourrait revenir et qui a montré toutes ces limites, est l’action coordonnée des banques centrales. Elle a effectivement joué un rôle positif dans une certaine mesure, mais a en même temps fabriqué des bulles spéculatives. Elle a en réalité maintenu artificiellement une stabilité financière sans jamais complètement relancer l’économie européenne.

La banque centrale pourrait alors briser le tabou allemand et réaliser un coup de force. Comment ? En intervenant en Europe sur le marché primaire des dettes et non sur le marché secondaire, afin d’éviter les spéculations sur la dette des Etats.

Mais à part son arsenal de mesures conventionnelles dont nous avons vu les limites, elle a déjà tout fait.

Aujourd’hui, pour empêcher cette propagation, il faudrait consentir à abandonner des dogmes de déficit et de dettes, et entrevoir quelque chose de pourtant inenvisageable au niveau européen : s’asseoir sur le traité de Maastricht et réaliser un soutien massif.

Pour que cela marche, il ne faut toutefois pas mettre la charrue avant les bœufs. La crise sanitaire doit d’abord impérativement être réglée. Car si vous relancez l’économie alors que tout le monde tombe malade, injecter des milliards pour des gens qui vont rester confiner à la maison, et qui donc ne consommeront pas, est inutile.

Il faut alors envoyer des messages au marché et aux acteurs de l’économie en disant que la crise sanitaire doit être résolue avant que cela ne devienne incontrôlable. Aujourd’hui, nous n’avons pas assez de lits nécessaires dans les hôpitaux (mis à sec ces dernières années en France, en Italie, au Portugal…), en cas de pandémie.

Il convient d’apporter un soutien nécessaire en termes de trésorerie, de cotisations et aides aux PME. Et ce, sans tenir compte des déficits et des dettes. L’Italie en a un besoin fou. Il ne faudrait pas que les banques se retrouvent avec des défauts de crédit qui augmentent ; car le poumon industriel italien est en train de mourir.

La réponse en tant que telle est donc difficile à trouver, surtout si l’Europe ne veut pas quitter ses dogmes habituels. Comme aujourd’hui les Etats se financent principalement auprès des marchés boursiers, si ceux-ci se détournent de la dette publique, la problématique demeure grande.

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