Jeff Bezos n'en finit pas de nous surprendre. Mardi, il a annoncé une nouvelle majeure : à partir du mois prochain, le salaire minimum horaire sera significativement relevé. À 15 dollars aux États-Unis, et à 9.50 livres sterling en Grande-Bretagne.

UN GAME CHANGER

Cette mesure va concerner 250 000 employés plus 100 000 saisonniers aux États-Unis. En Grande-Bretagne 17 000 employés et 20 000 saisonniers. Au total, la mesure devrait coûter entre 900 millions et 1.8 milliard de dollars, une goutte d'eau pour ce géant aux 235 milliards de dollars de chiffre d'affaires et aux 961 milliards de dollars de capitalisation mais une mesure qui va bien au-delà du symbole.

QUE NOUS DIT CETTE HAUSSE ?

Elle illustre la puissance d'Amazon qui peut se permettre de prendre une telle mesure sans que cela affecte ses résultats ni son cours (il a glissé mardi d'un peu plus de 2%). Elle reflète aussi les tensions sur le marché du travail dans ces deux pays qui sont en plein-emploi. Et elle répond également aux critiques qu'on faisait régulièrement à Amazon sur ses conditions de travail. Amazon prend les devants avant qu'on lui tombe dessus d'une façon ou d'une autre. Encore un smart move de Jeff Bezos.

L'OTAGE DU JOUR

Gérard Collomb. Il veut rentrer vite chez lui. À Lyon. Pour récupérer sa mairie. Et Macron ne voulait pas le relâcher. Mais Macron a dû céder, après, encore une fois, une longue période d'hésitation. Édouard Philippe a dû annuler son voyage en Afrique du Sud pour trouver un nouveau ministre de l'Intérieur dans la panique... Macron. Lucky...Unlucky. Pourquoi Collomb veut partir : il panique à l'idée de perdre sa mairie de Lyon, il est très fatigué, déprimé et sa femme veut qu'il parte.

ONE WEEK

Les négociateurs européens et britanniques se rencontrent à partir d'aujourd'hui. Et se donnent une semaine, une petite semaine, pour tenter de trouver un compromis sur le Brexit. La Grande-Bretagne va faire un pas en direction de l'Europe sur la frontière irlandaise et on va tenter de se mettre d'accord sur le fait qu'on se mettra d'accord plus tard sur les futures relations commerciales entre l'Europe et la Grande-Bretagne. Back to a soft Brexit ?

BORIS JOHNSON

n'est pas allé jusqu'au bout de ses manœuvres au congrès de son parti : il n'a pas réclamé la tête de Theresa May. Il s'est contenté de réclamer le rejet du plan. May a sauvé sa tête, encore une fois.

LA CHINE DANS LE VISEUR

Maintenant que Trump a obtenu son deal avec le Canada, il peut se concentrer sur la Chine. Il va donc opérer comme à son habitude. Menacer, menacer et menacer encore. Appliquer quelques mesures partielles pour prouver qu'il est sérieux. La Chine devra céder car elle n'a pas le choix, elle ne peut pas se couper du marché américain. La partie intense du bras de fer vient de commencer.

L'ITALIE TOUJOURS

Elle continue encore à inquiéter. Hier, c'était une déclaration d'un responsable de la Ligue qui déclarait que l'Italie aurait réglé ses problèmes si elle avait sa propre devise. Du grand n'importe quoi car si l'Italie avait sa propre devise, les taux d'intérêt seraient à 15% et compte tenu d'une dette de 130% du PIB, elle serait, de fait, en faillite. Mais cela a quand même énervé les marchés. Et les taux italiens ont continué à monter, avec un 10 ans italien qui a encore creusé l'écart avec le 10 ans allemand, plus de 3% de différence, du jamais vu depuis 2013. Next step: la dégradation de la dette italienne.

LA BONNE NOUVELLE DU JOUR

Même si, pour ne pas subir le même sort, Macron ne se définit pas comme le "président du pouvoir d'achat", il va réussir à le faire progresser. Bel exploit. Bercy parle d'une hausse de 1.7% en 2019, après une hausse de 1.6% en 2018. L'INSEE tempère un peu l'enthousiasme avec une prévision à 1% seulement en 2018, mais c'est déjà bien.

VOTRE ARGENT DU JOUR

La réforme créant le nouveau dispositif unifié d'épargne-retraite a été votée par l'Assemblée nationale dans la loi Pacte. Le texte crée un nouveau produit d'épargne, le PER (plan d'épargne-retraite) qui devrait voir le jour en 2019. Le produit reprend et cumule les avantages des dispositifs déjà existants en les généralisant : sortie en capital possible à l'âge de la retraite en une fois ou de façon fractionnée (mais avec une imposition du capital retiré qui sera plus pénalisante que la traditionnelle sortie en rente viagère qui reste encouragée par la réforme), possibilité de déblocage anticipé pour l'acquisition de la résidence principale, transférabilité des droits déjà acquis d'un produit d'épargne-retraite sur un autre. Tout ça va dans le bon sens même si la question de la fiscalité à la sortie, en rente ou en capital, sera un point essentiel pour la qualité de ce nouveau produit. Et on en saura pas plus avant l'année prochaine...

DU COTÉ DES MARCHÉS

La clôture était en ordre dispersé ce mardi à New York. Le Dow Jones a terminé la séance en hausse de de 0,46% à 26.773 points, après avoir inscrit un nouveau record en séance à 26.824,78 points. Le S&P 500 achève la séance sur une note stable à 2.923,43 points, tandis que le Nasdaq s’est contracté de 0,47% à 7628.27 points. De son côté, Tokyo marque une pause après avoir inscrit un nouveau plus haut de 27 ans. Le Nikkei a cédé 0,66% à 24.100,96 points. L’euro/dollar reprend des couleurs en direction de 1,16 dollar, à 1,1582 dollar, les marchés tentent d’analyser froidement les nouvelles venant d’Italie. Sur le front du pétrole, le WTI poursuit sa hausse à 75,42 dollars tout comme le Brent qui s’apprécie de 0,31% sur les 85 dollars.

LE CONSEIL DU JOUR

Les cours du pétrole évoluent sur des plus hauts de quatre ans, une nette progression qui s’explique par deux facteurs qui plaident en faveur d’une réduction de l’offre. La perspective de l’application de nouvelles sanctions américaines contre l'Iran dans un mois, ont alimenté la hausse tandis que les pays de l’OPEP présents ont décidé ce week-end de ne pas augmenter leurs objectifs de production. En attendant, Trump fulmine. Il en veut à l'OPEP et en particulier à son grand allié, l'Arabie saoudite, qui laisse monter le prix de l'essence à quelques semaines des élections de mi-mandat... On peut jouer une pause après cette nette hausse avec une position spéculative à la baisse sur le pétrole Brent, avec le turbo put illimité Brent M137Z (DE000CJ3VDS2). Uniquement pour les profils risquophiles.

ON S'EN FOUT ?

La Grande Récré est sauvée, le plan de continuation a été accepté et l'investisseur qui a soutenu financièrement le plan va tenter maintenant de racheter Toy's r Us France ; Aston Martin entre en Bourse aujourd'hui; Je vais aller voir la 4ème version de A star is born de et avec Bradley Cooper et Lady Gaga ; Prix Nobel de Physique pour le Français Gérard Mourou (Cocorico!) ; Il y a des Voice senior dans plusieurs pays comme les Pays-Bas ; 52% des personnes LGBT souhaitent avoir des enfants; Hommage national à Charles Aznavour vendredi aux Invalides ; Pathétique France Insoumise au Parlement avec ses pancartes "Bon Débarras" pour le départ de Manuel Valls ; Rédoïne Faïd a été arrêté.

VOILÀ C'EST TOUT. BONNE JOURNÉE. MAY THE FORCE BE WITH YOU.

Edito publié sur MonFinancier.com le 03/10/2018.