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Chaque année la Caisse d'allocations familiales traque les fraudes. En 2017, elles ont progressé de 5% par rapport à l'année précédente. 

Allocations familiales : la fraude augmente en 2017

La Caisse d’allocations familiales (CAF) est formelle : en 2017, elle constate une augmentation de 5% des fraudes par rapport à 2016. En moyenne, comme l’indique le quotidien Les Echos, la fraude atteint un montant de 6 455 euros.

Au total, c’est 1.12 milliard d’euros qui ont été régularisés l’année passée. Sur ces 1.12 milliard, on compte 802 millions d’indus : il s’agit des sommes perçues par allocataires mais qu’ils n’auraient pas dû toucher, théoriquement. L’allocataire doit donc les rembourser. Toutefois, les indus ne sont pas systématiquement le fruit d’une fraude. En effet, en 2017, sur les 802 millions d’euros d’indus, "seuls" 291 millions correspondent à de la fraude intentionnelle. Le reste est généralement la conséquence d’une erreur ou alors d’un oubli.

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Quand ils souhaitent frauder, cependant, les allocataires s’y prennent de plusieurs façons. La CAF relève de nombreux cas d’omissions volontaire de déclaration. En Charente, par exemple, elles représentent 65% des escroqueries à l’allocation familiale comme le précise le quotidien Charente Libre. Autre cas de fraude très recensé : la fraude à l’isolement, qui consiste à ne déclarer qu’un seul revenu quand plusieurs personnes contribuent aux ressources du foyer. Certains allocataires vont même jusqu’à faire des faux et usage de faux. D’une façon globale, les fraudes concernent majoritairement le revenu de solidarité active et la prime d’activité. Depuis 2012, elles ont été multipliées par trois. On comptait à l’époque 18 000 cas pour 45 100 en 2017.

Allocations familiales : de nouveaux outils pour lutter contre la fraude

Néanmoins cette augmentation du nombre de fraudes recensées n’est peut-être pas seulement le fait des fraudeurs eux-même. La CAF s’est dotée de nouveaux outils, plus performants, et multiplie les contrôles. D’après les informations des Echos, 7,7 millions d’allocataires ont fait l’objet d’une vérification en 2017. Cela en concerne donc plus d’un sur deux.

Par ailleurs, le montant moyen de la fraude baisse. "On agit plus vite et plus tôt. En moyenne, la période pendant laquelle une prestation est perçue indûment a baissé de 18 mois à 10-12 mois", explique Aude Cournée, responsable du contrôle et de la lutte contre la fraude à la CAF. Des résultats qui sont en grande partie dus au dataminig. La technologie, qui n’est utilisée qu’à titre expérimentale dans certaine CAF aujourd’hui, devrait être généralisée en 2019. Elle consiste à établir des profils types de fraudeurs sur la base de données concernants des individus déjà identifiées comme tels. A partir de là, il est possible de mieux cibler les contrôles.