Réservée à ceux qui ont du temps, cette formule permet de naviguer nourri/logé/blanchi durant des semaines pour un prix relativement modique.  

Se réveiller dans la cabine individuelle et confortable d’un super tanker en route vers l’autre bout du monde est une expérience que quelques milliers de passagers vivent tous les ans. 

Pour environ 100/120 euros par jour, des voyagistes ou des compagnies maritimes comme CMA CGM, troisième transporteur mondial, donnent la possibilité de voyager sur un bateau commercial. Asie, USA, Antilles, Guyane, tour du monde, pour les plus radicaux, toutes les destinations sont à la carte.

Un minimum de force physique

Outre l’âge (80 ans maximum), la seule restriction liée à ce type de voyage est un minimum de forme physique puisqu’il faudra monter les escaliers reliant des ponts répartis sur plusieurs niveaux et, éventuellement, transporter ses bagages à la main si le navire n’est pas équipé d’ascenseurs. Côté santé, au-delà de 12 passagers embarqués, la présence d’un médecin à bord est obligatoire, mais ce quota est rarement atteint, le nombre de passagers étant, en moyenne, d’une demi-douzaine.

Porte-conteneurs allant jusqu’à 300 mètres de long, pétroliers, vraquiers chargés de minéraux, Ro-ro (de roll on-roll off) transportant des voitures, câbliers : presque tous les types de bateaux accueillent des passagers.

Les cabines disposent d’un niveau de confort équivalent à celui d’un hôtel de milieu de gamme. Elles sont équipées d’une salle de bain individuelle, de l’air conditionné, d’internet et de 1 à 2 lits. Les repas (gratuits) se prennent à heures fixes dans la salle à manger de l’équipage. Les passagers ont aussi accès à la salle de détente du navire où l’on peut lire, jouer ou regarder la TV. Les bateaux les plus modernes sont équipés de salles de gym et de sauna. A bord, on parle toutes les langues, l’anglais traçant un trait d’union entre les différentes nationalités.

Des règles de vie

Les règles de vie sont fixées par le capitaine. Elles sont généralement peu contraignantes même si certaines autorisations doivent être demandées, par exemple celle de monter sur le pont ou d’accéder à la salle des machines. A part ce protocole, les passagers sont totalement libres.

Le principal agrément des voyages en cargo est d’offrir des semaines de navigation loin du train-train domestique. Pour meubler les journées, il est conseillé de prendre des livres, un ordinateur, un lecteur MP3. La taille des navires permet de faire un jogging quotidien. Contrairement aux navires de croisières, c’est avec de l’eau de mer et non pas de l’eau douce que les piscines parfois installées à bord sont remplies.

C’est aux passagers qu’il appartient de ranger leurs cabines, de laver et repasser leur linge, la literie étant le plus souvent fournie à bord. Il est possible de s’approvisionner en alcool et en cigarettes durant le voyage grâce à des magasins en duty free où l’on n’accepte que les espèces.

Le prix des cabines variable

Comme pour l’avion, le prix des cabines dépend des périodes. La "haute saison" est variable selon les lignes. Pour voyager dans de bonnes conditions, mieux vaut contacter la compagnie maritime ou le voyagiste 6 mois avant le départ. Selon les destinations, les voyages peuvent durer plusieurs semaines car les bateaux effectuent des escales avant de revenir à leur point de départ. Ainsi, un trajet entre le Havre et l’Argentine, sera haché par des haltes dans différents pays africains, au Panama, au Brésil, etc. Durant ces escales, les passagers peuvent descendre à terre. C’est généralement sur les vraquiers ou les porte-conteneurs que ces escales sont les plus longues.

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Pour obtenir des renseignements pratiques, les voyageurs peuvent notamment se joindre au "club des voyageurs en cargo", qui organise régulièrement des réunions d’information. Pour les anglophones, le site FreighterTrips.com est bourré d’informations pratiques.