Ryanair a annoncé son projet d’offrir des vols vers les Etats-Unis pour sept euros minimum. Une véritable destruction des prix qui ne pourrait avoir lieu que d’ici quatre ou cinq ans. Les détails. 

Aller aux Etats-Unis pour le prix d’une place de cinéma ? C’est le défi que s’est lancé Ryanair. Michael O’Leary, dirigeant de la compagnie aérienne irlandaise, a en effet déclaré, mardi dernier, sa volonté d’offrir des allers-retours Europe-Etats-Unis pour sept euros seulement.

Sept euros au lieu de 600  

Alors que le prix d’un aller-retour aujourd’hui coûte en moyenne 600 euros, la compagnie low-cost assure être en mesure d’offrir, à l’avenir, des vols pour dix euros seulement. Ceux-ci s’effectueront au départ de 14 grandes villes européennes, avec pour destinations 10 villes américaines pas encore précisées.

Comment pareille destruction des prix est-elle possible ? Michael O’Leary explique que "tous les sièges ne seront pas à dix euros, bien sûr, il y aura aussi besoin d’un nombre très important de sièges business et premium". Les sièges bradés ne seront donc qu’une petite partie du nombre total de places de l’avion, qui présentera un éventail de prix conséquent. Par ailleurs, ceux-ci devraient également appliquer la même stratégie que pour leurs vols européens actuels. Notamment en ne faisant la jonction que d’aéroports secondaires – donc reculés –, ce qui diminuerait conséquemment les taxes aériennes. Peu de chance, donc, de voir Ryanair proposer un aller-retour Roissy Charles de Gaulle-Newark.

Par ailleurs, la politique de vente de Ryanair restera la même : le prix du billet ne paye que l’accès au siège. Le reste : nourriture, bagage en soute, choix du siège, feront l’objet de charges supplémentaires.

Un délai de quatre ou cinq ans

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Un pareil projet risque de mettre quelques années à voir le jour. Ryanair, en dépît de sa stratégie redoutable, n'a pas le principal : les avions. La compagnie n’est en effet munie que d’avions moyen courriers. Sa flotte, composée uniquement de Boeing 737 – au coût de maintenance moindre –, n’est donc pas adaptée pour franchir l’Atlantique. D’où la nécessité pour Michael O’Leary de faire l’acquisition d’une flotte de 40 ou 50 long-courriers. Une opération qui pourrait prendre dans les quatre ou cinq ans. Pourquoi ? "Les compagnies du Golfe achètent tous les avions disponibles", assure-t-il.