Le Brésil, "pays du futur" mais handicapé par une lourde dette et un chômage endémique, est aujourd'hui en liesse. Son peuple réputé pour sa joie de vivre fête l'élection de Luis Ignacio Lula da Silva, dit Lula, premier président de gauche depuis l'avènement de la République brésilienne en 1889...

Viva Lula !

Le Brésil est "un pays du futur" écrivait Stefan Zweig dans un ouvrage à la gloire de ce pays, qui fête tout juste le 500e anniversaire de sa découverte. Un pays fabuleux, de la terre, des minerais, des forêts, une Nation métisse, indépendante depuis 1822, qui malgré ces richesses inestimables a souvent trébuché.

Il eut droit à la misère, à l'exploitation, à l'impérialisme américain, à celui des multinationales et à des cohortes de dictateurs, de 1964 à 1985 notamment. Aujourd'hui, le pays est en liesse. Le peuple fête l'élection de Luis Ignacio Lula da Silva, dit Lula, premier président de gauche du Brésil.

Le "phénomène" Lula, émigré du Nordeste, ex-ouvrier, ancien leader syndical des métallos de Sao Paulo qui fête son anniversaire approximatif en même temps que sa victoire, est à l'origine du PT, le Parti Travailliste de gauche. Un parti qui ne réclame plus du marxisme pur et dur : "le PT est désormais un parti de centre gauche et non plus de gauche", selon son président José Dirceu.

"C'est la victoire de l'espérance" s'est écrié Lula, et ce n'est pas peu dire dans un pays qui compte 27 millions de misérables, 90 millions de pauvres, 50 millions de membres des classes moyennes et 2 millions de riches sans oublier quelques 20 millions de "fantasmas", ces personnes sans existence légale, sans droit de vote, ni domicile, ni revenu...

La partie n'est pour autant pas gagnée. Le Brésil est largement endetté avec une croissance faible et une lourde dette publique, de l'ordre de 60 % du PIB. Il est soumis au FMI, qui conditionne la délivrance de son aide au retour à l'équilibre économique. Ce qui a fait dire à Georges Soros, l'incorrigible spéculateur, que les Brésiliens devraient cesser "de croire que c'est eux qui élisent leur président, alors que c'est à Wall Street que tout se décide".

Le spectre de la faillite de l'Argentine plane, comme celui, plus éloigné, de la chute du gouvernement du docteur Salvador Allende au Chili le 11 septembre 1973.

Mais qu'à cela ne tienne, Lula déborde d'énergie et affirme haut et fort que le Brésil "peut jouer un rôle extraordinaire sur le continent américain, pour construire un monde de paix où les pays puissent croître économiquement et socialement".

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Avis aux amateurs "d'annexion économique" tel G. W. Bush et la Zone de libre échange des Amériques, concurrente du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay). Décidément, la victoire de Lula s'annonce capitale pour tout le continent !
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