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Rosetta rencontre Tchouri, direction le soleil

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Après dix ans, cinq mois et quatre jours de voyage et plus de 6 milliards de kilomètres parcourus, la sonde spatiale européenne Rosetta a atteint son point de rendez-vous. Elle a fait connaissance ce mercredi matin avec la comète Tchourioumov-Guérassimenko qu'elle va désormais accompagner dans sa course vers le soleil pendant plus d'un an, sous le contrôle des scientifiques de l'Agence spatiale européenne (ESA) qui opèrent depuis le Centre de contrôle de Darmstadt en Allemagne.
Cette mission unique sera agrémentée, en novembre prochain, d'une autre première tout aussi délicate, le largage sur la comète, par Rosetta, de son robot-laboratoire baptisé Philae. Si l'opération réussit, ce petit cube à trois pattes pourra alors étudier la nature du sol, à l'aide de sa dizaine d'instruments embarqués.
Bardée, elle, de caméras, de spectromètres, d'analyseurs de poussière et de particules, Rosetta va, de son côté, explorer sous toutes les coutures le noyau de la comète, ainsi que les gaz et la poussière éjectés lorsque celle-ci approchera le soleil. Elle y sera au plus près le 13 août 2015.
Giovanni Magi, euronews :
Nous sommes avec Monica Pinna à Darmstadt. Monica, vous avez suivi avec les scientifiques ce moment historique, un moment que l'ESA attendait depuis si longtemps. Où est Rosetta maintenant, et quelles informations envoie-t-elle ?
Monica Pinna, euronews :
Rosetta se trouve maintenant à environ 100 km de la comète, et c'est un record. En 1986, la sonde européenne Giotto a réussi à aller à 500 km de la comète de Halley. Rosetta commence à envoyer des informations très pertinentes. Nous savons que la comète a une forme irrégulière et qu'elle est plus chaude que prévu. Nous sommes avec un expert, Fabrizio Capaccioni, responsable du spectromètre Virtis. Il va nous expliquer plus en détails quelles sont les premières données envoyées par la sonde.
Fabrizio Capaccioni, responsable du spectromètre Virtis :
La semaine dernière, nous avons pu mesurer la température maximale de la surface, à l'endroit le plus exposé au soleil. Nous avons mesuré une température de - 50 degrés, à peu près. Cela montre qu'il existe une croûte de poussière assez épaisse, mais très poreuse. C'est une surface qui ne permet pas la conduction de la chaleur, et cela fait monter la température de la comète.
Monica Pinna :
Pourquoi la sonde a-t-elle été envoyée sur cette comète précisément?
Fabrizio Capaccioni :
Parce qu'elle était facile à atteindre, mais aussi parce qu'elle est dynamiquement stable, ce qui permettait il y a 10 ans de prévoir une mission capable d'atteindre la comète aujourd'hui. Les comètes sont composées de glace et de poussières, et elles se sont formées à une grande distance du soleil, elles pourraient donc posséder tous les matières qui, au contraire, se sont dispersées à la formation des planètes.
Monica Pinna :
Voila, Gianni, nous avons déjà des informations intéressantes de l'espace et de Rosetta.
Giovanni Magi :
Quelles sont les prochaines étapes pour la sonde européenne ?
Monica Pinna :
La prochaine étape importante pour Rosetta, ce sera en novembre avec l'atterrissage sur la comète. Dès aujourd'hui, la sonde a commencé à tourner autour de la comète, pour se rapprocher progressivement au plus près, jusqu'à 5 km de distance. A ce moment-là, le robot-laboratoire Philae sera largué pour atterrir à la surface de la comète.

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Publié le 09/08/2014