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Brexit : Londres agite la carotte fiscale pour rassurer les investisseurs

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Alléger la fiscalité des entreprises pour amortir le choc du Brexit : C'est la solution avancée par le ministre des Finances en exercice, George Osborne.

Avantage compétitif

Dans un entretien accordé au Financial Times, il propose de ramener l'impôt sur les sociétés sous la barre des 15%, contre 20% actuellement. Il devait déjà passer à 17% d'ici 2020.

Le Royaume-Uni aurait ainsi un avantage compétitif sur l'Allemagne et la France notamment, où sociétés sont taxées à 30 et 33%. L'Irlande resterait toutefois plus attractive avec un impôt sur les sociétés à 12,5% dans le secteur des services. Elle est d'ailleurs régulièrement accusée de dumping fiscal par ses partenaires.

Britain open for business: lower business taxes, support for bank lending, infrastructure investment, more trade with China + rest of world- George Osborne (@George_Osborne) July 4, 2016

Bien, mais peut faire plus

'Monsieur Osborne ne devrait pas se limiter à l'impôt sur les sociétés,' estime Michael Hewson, analyste marchés chez CMC. 'Il devrait aussi baisser la taxe foncière des entreprises, qui reste une charge significative pour les sociétés britanniques, petites et grandes. Il devrait également envisager la possibilité d'investissements publics futurs dans les infrastructures,' pour soutenir un secteur du BTP déjà affecté par le Brexit.

En effet, le secteur britannique du BTP a connu sa plus forte contraction en sept ans en juin, la peur d'un Brexit ayant fait fuir les investisseurs. Et avec le plongeon de la livre sterling, le coût des matériaux de construction, importés d'Europe pour la plupart, est en train de flamber.

Agacement européen

Parmi les réactions aux propositions de George Osborne, le ministre français de l'Economie, Emmanuel Macron, a dit attendre de Londres de la clarté sur les conséquences du Brexit, et non une baisse de la fiscalité.

L'ancien directeur général de l'organisation mondiale du commerce, Pascal Lamy a lui estimé que lancer une compétition fiscale n'était pas la meilleure manière d'aborder les négociations avec l'Union européenne.

Confusion

Fervent partisan du maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne, George Osborne a observé trois jours de silence après le vote, avant de revenir sur les devants de la scène. Celui qui mettait en garde les électeurs contre un risque de récession en cas de Brexit avait prévenu la semaine dernière que le prochain gouvernement devrait relever les impôts et réduire ses dépenses pour équilibrer les comptes publics.

George Osborne estime qu'une baisse de l'impôt sur les sociétés entamerait certes les recettes publiques dans un premier temps, mais le coup de pouce à l'activité permettrait à l'Etat de s'y retrouver, à terme, en volume.

Chère incertitude, par S&P

Les économistes de Standard & Poor's ont de nouveau tiré la sonnette d'alarme quant aux conséquences du Brexit sur l'économie du Royaume-Uni comme de la zone euro. L'agence de notation financière - qui a dégradé la note de la dette britannique la semaine dernière - juge que les incertitudes liées à la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE entameront le produit intérieur brut de l'eurozone de 0,8% sur 2017 et 2018. Celui du Royaume-Uni devrait être affecté de 1,2% en 2017 et d'1% en 2018. Le pays devrait toutefois éviter de justesse une récession.

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Publié le 04/07/2016

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