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Vers du mieux dans les relations entre l’Union européenne et la Turquie ?

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De plus en plus de réfugiés syriens débarquent sur les rives de l'Union européenne. Un constat qui a remis sur le tapis les relations entre l'UE et la Turquie. Car c'est par ce pays que transitent la plupart de ces réfugiés qui cherchent l'asile notamment en Allemagne.

Ce n'est donc pas par hasard qu'Angela Merkel s'est rendue le week-end dernier en Turquie avec la promesse d'une relance du processus d'adhésion de ce pays à l'Union européenne en échange d'un effort accru d'Ankara sur la question des migrants. Processus officiellement ouvert en 2005 et aujourd'hui au point mort.

À Istanbul, Angela Merkel s'est engagée à ouvrir les négociations concernant notamment les chapitres économiques et monétaires. Une décision saluée par le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.

'Nous espérons que les relations entre la Turquie et l'Union européenne vont reprendre et que les négociations d'adhésion seront accélérées (...) nous espérons que l'accord Schengen et celui de la réadmission entreront tous les deux en vigueur en juillet 2016', a-t-il dit.

'Nous espérons que les relations entre la Turquie et l'Union européenne vont reprendre et que les négociations d'adhésion seront accélérées (...) nous espérons que l'accord Schengen et celui de la réadmission entreront tous les deux en vigueur en juillet 2016', a-t-il dit.

L'UE veut aussi que la Turquie agisse en amont sur le flux de réfugiés et envisage pour se faire de débloquer une aide d'environ trois milliards d'euros à Ankara. Elle veut aider la Turquie à garder les réfugiés syriens sur son sol. Une proposition jugée insuffisante par la Turquie.

Par ailleurs, bien que la situation des droits de l'homme en Turquie et la manière dont est traitée la minorité kurde par le gouvernement d'Ankara restent deux questions sensibles, les Européens seraient néanmoins en partie favorables à une inscription de la Turquie sur la liste des 'pays d'origine sûrs'.

'J'espère fortement voir la question des visas avancer et s'accélérer. Comme je le disais au Parlement européen, je pense que la Turquie doit être sur la liste des pays sûrs', a estimé le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker .

Or, pour faciliter le chemin de la Turquie vers l'Europe, il faudra surmonter un obstacle majeur : la question chypriote. La république de Chypre est le seul pays de l'UE non reconnue par Ankara. L'île est coupée en deux depuis 1974. Sa partie nord autoproclamée comme République turque de Chypre du Nord n'est reconnue que par la Turquie.

Pour l'Union européenne la Turquie doit jouer un rôle clef dans la réponse à la crise des réfugiés. Euronews a interrogé la ministre turque chargée des Affaires européennes, Beril Dedeoglu.

Euronews:
'La crise des migrants a relancé les relations entre l'Union européenne et la Turquie, qui étaient au point mort. Les Européens veulent désormais davantage coopérer avec la Turquie. Un plan d'action est sur la table. Chaque partie a des souhaits et des attentes. Où en sont ces négociations?'

Beril Dedeoglu:
" Nous regrettons le fait que la relance des relations entre l'Union et la Turquie soit le fruit de la crise syrienne. Nous regrettons que cela se fasse sur la base d'un drame humanitaire. Cela nous dérange.
A propos de l'accord de réadmission et du projet de libéralisation des visas il s'agissait de processus déjà en cours avant même l'explosion de la crise en Syrie. "

Euronews: " Ce processus s'est accéléré ? "

Beril Dedeoglu
" C'était un besoin. Ce processus prend désormais la forme d'un paquet. La question des réfugiés est une question compliquée. C'est pourquoi aujourd'hui les négociations continuent. Ce que l'on veut dire c'est qu'il ne s'agit pas d'un problème lié à un seul pays. Il faut partager les responsabilités. Du coté turc et européen, et en particulier de la part de la Commission européenne, il y a une réelle volonté de résoudre le problème. La crise actuelle montre que notre destin est commun. Ce qui est important à présent c'est de développer nos relations. C'est ce qui ressort. "

Euronews:
" La Turquie demande depuis longtemps la libéralisation des visas. Quand l'Union européenne évoque ce point, cela ne concernerait que certaines personnes. C'est assez limité. Quelles sont les attentes de la Turquie concernant la libéralisation des visas ? "

Beril Dedeoglu :
" Que les citoyens des pays candidats à l'Union puissent bénéficier de la libre circulation dans l'espace Schengen. "

Euronews: " Tous les citoyens? "

Beril Dedeoglu:
" Oui."

Euronews: " L'Union voit cela autrement. "

Beril Dedeoglu:
" Cela ne se fera pas tout de suite. Cela va prendre du temps. Je comprends très bien les craintes des Européens. Mais les citoyens turcs ont aussi des attentes de leur coté. "

Euronews:
" Plusieurs pays signent des accords de réadmission mais c'est un processus très compliqué à mettre en oeuvre. Comment la Turquie va retenir les migrants sur son territoire ? "

Beril Dedeoglu :
" C'est une procédure commune aux pays qui sont membres de l'Union ou qui veulent devenir membre de l'Union européenne. Les chiffres ne sont pas si élevés que ce que l'on pense. "

Euronews:
" Est-ce que cela fonctionne ? Comment empêcher les réfugiés de partir ? "

Beril Dedeoglu:
" D'abord la procédure de réadmission fonctionne. Deuxièmement, la Turquie compte sur son territoire deux millions et demi de Syriens. Ceux qui vivent dans les camps de réfugiés ont bénéficié de presque 8 milliards de dollars. La Turquie n'a pas appliqué sa politique d'ouverture en réaction à la réponse de l'Union européenne. La Turquie ne pouvait pas savoir que l'Union allait faire une telle proposition. "

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Publié le 21/10/2015
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